mardi 6 octobre 2026

Je sors d’un commissariat de la Région parisienne , où une jeune fille de 16 ans va passer une nuit en garde à vue (GAV)

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Je sors d’un commissariat de la Région parisienne , où une jeune fille de 16 ans va passer une nuit en garde à vue (GAV). Demain matin, elle sera entendue en présence d’un avocat et le procureur du tribunal de Bobigny prendra une décision à son sujet

Quels sont les faits qui lui sont reprochés ? Elle a été interpellée dans la rue où elle arborait sur son bas ventre l’inscription « ACAB ». Elle n’était pas dans une mobilisation lycéenne à ce moment là , elle se rendait dans un établissement de restauration rapide

Pour ma part , c’est un abus de pouvoir manifeste. Des esprits étroits diront que c’est un outrage à agent. Est ce bien sérieux ? Les fonctionnaires de police n’ont ils pas mieux à faire ? Et les auxiliaires de justice ?

Outrage dites vous ? Mais, dans les années 80, le chanteur Renaud déclamait :

« Y a même des flics qui me saluent

Qui veulent que j'signe dans leurs calots

Moi, j'crache dedans, et j'crie bien haut

Qu'le bleu marine me fait gerber

Qu'j'aime pas l'travail, la justice et l'armée » 

En 1952 déjà , c’est Georges Brassens qui chantait : 

« En voyant ces braves pandores

Etre à deux doigts de succomber,

Moi, j'bichais, car je les adore

Sous la forme de macchabé's. » 

Auraient-ils dû être placé en GAV eux aussi pour « outrage » ?  Ridicule. Aujourd’hui ces deux grands poètes sont les fiertés de la chanson française. Et dans notre vieux pays, l’esprit « anar », hostile à la police et aux institutions est un classique, une tradition française .. « Morts aux vaches » disait-on quand j’étais jeune. « CRS, SS » disait la jeunesse de mai 68. C’était abusif. Mais la jeunesse est toujours pleine de passion et d’excès pour dénoncer l’injustice et la brutalité policière. Aujourd’hui comme hier.

Le matin même , j’étais dans un autre commissariat pour tenter de voir un enfant de 11 ans interpellé devant son collège, dans un moment d’excitation collective et puérile, pour avoir tiré un feu d’artifice. Certes, son contrôle d’identité et passage au commissariat , n’a duré qu’une heure trente , après lesquelles il fut rendu à ses parents. 

Mais 11 ans ! Il pleurait à chaudes larmes lors de son arrestation. 

Les forces de l’ordre font un métier parfois difficile, et même dangereux, ils sont formés pour cela, mais qui ne voit pas la sale besogne qu’on leur demande de faire depuis une semaine ? Les moyens disproportionnés qu’ils utilisent ? Inadaptés , violents et blessants hélas. 

Mais bien plus grave a eu lieu à Lens.

En raison de l’utilisation d’une grenade de desencerclement , un jeune de 15 ans a aujourd’hui perdu une main. Il y a quelques jours, un LBD crevait l œil d’un autre.

Ça suffit. 

Ces techniques de maintien de l’ordre  doivent être interdites pour des manifestations de jeunes. Contre-productives, en réalité elles maintiennent le désordre. Elles attisent les colères , elles n’éteignent rien, elles enflamment. Il faut arrêter. Le ministre et les préfets doivent passer des consignes claires. Ces armes doivent être prohibés face à la jeunesse. D’autres techniques existent. 

La violence de l’institution policière, instrumentalisée par un gouvernement aux abois, ne peut être une réponse acceptable. Oui, la violence existe parmi certains jeunes , je la refuse, mais ces provocations en rajoute. 

Demain, soyons nombreux dans la rue auprès de notre jeunesse, avec un casque ou un brassard blanc.

La jeunesse est l’avenir de la Nation. Ne la frappons pas quand elle manifeste, écoutons là. Rien ne justifiera jamais qu’on mutile des corps, même quand les dégâts matériels ne sont pas acceptables. Aucune poubelle brûlée ne vaut une main. 

Il faut répondre d’urgence aux revendications, ouvrir des postes d’enseignants, d’infirmières scolaires , des Aesh.. et surtout en finir avec Parcoursup.

La réponse doit être politique. 

La fin du macronisme est décidément un désastre social et moral.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

« L’histoire de l’enfance et des enfants est un miroir qui nous est tendu et dont nous devons nous saisir. La manière dont une société regarde ses enfants et les traite est extrêmement révélatrice de ce qu’elle est sur les plans politique, culturel et social. »
(…)


https://www.mediapart.fr/journal/politique/061026/accuser-des-proxys-d-etre-l-origine-du-mouvement-des-lyceens-est-caracteristique-du-deni-d-expression-q