lundi 6 juillet 2026

Fwd: Aux États-Unis, une célébration, une Coupe du monde de foot et beaucoup de corruption


lundi 06 juillet 2026
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L’ÉDITO
Aux États-Unis, une célébration, une Coupe du monde de foot et beaucoup de corruption
Samedi 4 juillet, c’est dans un contexte bien particulier que les États-Unis ont fêté le 250e anniversaire de leur déclaration d’indépendance. Tout d’abord, deux ans après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a imprimé sa marque nationaliste, blanche et chrétienne, imposant un récit où ont été célébrés en héros les Pères fondateurs.

Comme l’a expliqué à Mediapart l’historienne Carine Lounissi, avec l’actuel président états-unien, « on est dans un roman national univoque, qui gomme toutes les aspérités de l’histoire ». Celle qui a codirigé Révolution américaine et naissance des États-Unis (Armand Colin), paru cette année, soulignait également que « nous sommes dans une configuration inédite par rapport aux autres grandes commémorations qui se sont tenues tous les cinquante ans ».

« Le bicentenaire de 1976, en particulier, s’était déroulé dans une ambiance complètement différente, poursuivait-elle, car on était dans une phase de montée en puissance de la tradition de l’histoire sociale. Mais avec Trump, la rupture est consommée, y compris avec les traditions conservatrices de l’historiographie. On va au-delà du Tea Party qui avait déjà instrumentalisé un certain nombre d’éléments de l’histoire populaire des États-Unis. »

Ces célébrations montrent aussi l’un des aspects de cette présidence Trump, la corruption généralisée sans vergogne, alors que les 250 ans de l’indépendance devaient être organisés par America250, une commission bipartisane liée au Congrès. Un grand concert devait notamment avoir lieu. Seulement, Donald Trump a repris l’organisation de l’événement en main après sa réélection. Une entité distincte, Freedom 250, contrôlée par ses proches, a été créée dans la foulée, a raconté depuis Washington une de nos correspondantes, Patricia Neves. Elle a été chargée d’organiser une grande foire à Washington, désertée par le public, mais qui a reçu la plus grande partie des fonds publics débloqués pour l’occasion. Presque 70 millions de dollars au total, sur une enveloppe de 150.

Un autre événement a souligné que, dans l’Amérique de Trump, corruption et trafic d’influence règnent en maîtres. Contrarié par la suspension de l’Américain Folarin Balogun pour le huitième de finale mardi 7 juillet contre la Belgique, Donald Trump a appelé personnellement le président de la Fifa, Gianni Infantino, et le joueur a finalement été autorisé à jouer. Selon le site Politico, il a fallu « quatre jours d’efforts concertés de lobbying, de manœuvres juridiques et de diplomatie, de la Maison-Blanche au siège de la Fifa à Zurich ». Le meilleur buteur de Team USA dans cette Coupe du monde pourra bien être aligné à Seattle lors du huitième de finale face aux Diables rouges, mardi à 2 heures (heure française).

« Si vraiment c’est un coup de fil qui explique cette décision incompréhensible, cela serait bafouer les règles les plus élémentaires du football et du sport », s’est insurgé le ministre des affaires étrangères belge, Maxime Prévot. Un autocrate en a appelé un autre, suscitant un scandale planétaire.

P.-S. : cette lettre américaine prend ses quartiers d’été, nous vous retrouverons à la rentrée de septembre.
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