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Midterms : la carte électorale modifiée par Donald Trump
Des docteurs juniors dans les déserts médicaux, le mouvement lycéen se poursuit, cyberattaques sur les applications d’alertes en Russie et en Ukraine, le coup de massue à l’Iran de Donald Trump.
Midterms : la carte électorale modifiée par Donald Trump
Neuf Etats ont redessiné leurs circonscriptions en vue des élections de mi-mandat à la Chambre des représentants. Un “redistricting” à l’ampleur inhabituelle impulsé par le président américain à l’été 2025 dans l’espoir de sauver une majorité fragile.
En à peine plus d’un an, neuf Etats américains ont vu leurs circonscriptions évoluer en vue des nouvelles élections des représentants – l’équivalent américain des députés français. Ce remodelage, massif, s’étend de la Floride à la Californie et affecte au total un électeur américain sur dix. Il est le fruit d’un intense bras de fer politico-judiciaire engagé depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, à des fins purement électorales.
En théorie, le redécoupage est une pratique normale et connue de la démocratie américaine. Il intervient en principe à chaque nouvelle décennie, dans la lignée d'un nouveau recensement de la population. L'objectif, en tenant compte des évolutions démographiques, est d'équilibrer les populations des circonscriptions au sein d'un Etat. Une mesure de représentation, donc, sur laquelle la politique prend parfois le pas. Le “redistricting” se mue alors en “gerrymandering”, une forme de charcutage électoral : des circonscriptions sont redessinées dans un but clairement partisan, afin de privilégier ou de fragiliser une force politique.
Le phénomène débute au tournant de l’été 2025. En juin, des conseillers de Donald Trump invitent des responsables républicains texans à revoir le tracé des circonscriptions de cet Etat très peuplé, en vue des élections de mi-mandat. L’objectif, à un an de l’échéance, est de sécuriser la fragile majorité républicaine à la Chambre des représentants.
Au Texas, la majorité républicaine s’exécute. La nouvelle carte, sans surprise favorable au camp conservateur, provoque la fuite temporaire d’élus démocrates texans, qui cherchent à empêcher la tenue du vote pour l’adopter et son entrée en vigueur. Elle est finalement signée et promulguée dès le mois d’août.
Avant septembre, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, signe des lois de redécoupage visant à favoriser les élus de son parti. La nouvelle carte offrirait aux progressistes jusqu’à cinq sièges supplémentaires, soit de quoi égaler les gains espérés par les républicains texans.
Au même moment, les frontières des circonscriptions se déplacent aussi en Caroline du Nord. Fin avril, une décision de la Cour suprême entraîne une nouvelle salve de “redestricting”, à six mois des élections, censée permettre aux républicains d’arracher trois à quatre sièges supplémentaires aux démocrates en Floride, un Alabama et un dans le Tennessee.
Le cas de la région de Memphis, dans l'ouest du Tennessee, est éclairant. Il s'agit de la seule circonscription plutôt démocrate de l'Etat, avec une population majoritairement noire. La nouvelle carte la morcelle, dispersant ces électeurs dans trois circonscriptions plutôt républicaines, et diluant ainsi les votes démocrates.
A l’heure des midterms, l’Alabama, la Californie, la Caroline du Nord et la Floride ont de nouveaux tracés pour l’élection de leurs représentants, à l’instar de la Louisiane, l’Ohio, le Tennessee, le Texas et l’Utah. Près de 35 millions d’Américains ont ainsi changé de circonscription entre 2024 et aujourd’hui.
Ces nouvelles cartes pourraient apporter deux à onze sièges au camp républicain à la chambre basse du Congrès. Après deux années de présidence, les élections de mi-mandat s’avèrent souvent complexes pour le parti au pouvoir. Ces 80 dernières années, la force politique du président a presque toujours perdu du terrain à la Chambre des représentants lors des midterms. A cela s’ajoute un contexte délicat pour le camp trumpiste, entre conflit au Moyen-Orient et flambée des prix des carburants.
La popularité de Donald Trump continue de reculer : seuls trois Américains sur dix approuvent désormais sa politique. Le mécontentement a même gagné un tiers des électeurs qui avaient soutenu le conservateur en 2024.
Des “docteurs juniors” pour lutter contre les déserts médicaux
3 000 docteurs juniors sont déployés en France, notamment dans les déserts médicaux. Ces jeunes médecins généralistes, pas tout à fait diplômés, vont réaliser leur dernière année d'études sur le terrain et mèneront des consultations avec les patients en toute autonomie.
Cette année supplémentaire d'études pour devenir médecin généraliste, la plupart des étudiants n'en voulaient pas. Ils seront payés 2 400 euros bruts par mois par les CHU dont ils dépendent, plus les diverses primes. Une prime notamment pour exercer dans un désert médical, ce qu'ont choisi finalement 80% des docteurs juniors.
Trois mille docteurs juniors en médecine générale vont exercer dès maintenant partout en France, ils seront 500 de plus à partir du mois de mai.
Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à de nouveaux blocus
Alors que les cours reprennent, les organisations étudiantes et lycéennes veulent poursuivre le mouvement engagé depuis six semaines . “Les lycées seront bloqués dès lundi”, a assuré dimanche Pierre Sourzat, président de l'organisation Les Lycéens!, tandis que l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante ont appelé à de nouveaux blocages mardi et jeudi. L'Unef a de son côté appelé “à s'organiser dans toutes les universités ce lundi 2 novembre”, estimant que “le mardi 3 novembre devra être une journée noire sur les universités”, avec des blocages à travers le pays.
Dès lundi, la police va renforcer ses effectifs pour sécuriser les établissements scolaires après des violences observées lors des précédentes mobilisations, selon un message de la Direction nationale de la sécurité publique.
“Le temps d'un retour en classe est venu”, a estimé auprès de la presse l'entourage d'Emmanuel Macron, tout en reconnaissant que “ce genre de mouvement ne se termine jamais de manière absolument nette”. L'intersyndicale regroupant l'USL, l'Unef, la Fage et l'Union étudiante réclame notamment un investissement de 10 milliards d'euros dans l'éducation et l'enseignement supérieur, ainsi que l'abrogation de Parcoursup.
Les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur ont promis une série de mesures pour tenter de mettre fin au mouvement : le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028, l'annulation des suppressions de postes prévues dans l'Education nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur. Un “premier pas” pour les organisations de jeunesse, mais insuffisant.
Jean-Luc Mélenchon accuse Edouard Philippe de calomnies racistes
Le candidat LFI à la présidentielle affirme qu'il renonce à sa venue au 20 heures de TF1. Dans un message publié sur X, Jean-Luc Mélenchon a critiqué l'interview quelques minutes plus tôt, dans ce même journal, du candidat Horizons Edouard Philippe. Ce dernier a pu “dérouler un discours dégoûtant” sur l'immigration et les pillages “sans être interrompu”, a estimé Jean-Luc Mélenchon, l'accusant de “calomnies racistes”.
Après les émeutes du 17 octobre, Edouard Philippe avait une première fois évoqué “la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration” dans les violences autour des manifestations. Invité sur TF1 à revenir sur ces propos, dénoncés par la gauche comme stigmatisants, l’ancien Premier ministre les a maintenus.
“Dans les images que nous avons vues des pillages, il y avait, de fait, un certain nombre, et un nombre important, de jeunes Français, sans doute, que je considère comme des Français, issus de l’immigration. Ce qui traduit un sujet qu’on doit regarder les yeux dans les yeux”, a-t-il déclaré face à la journaliste Anne-Claire Coudray.
Dans la soirée, Edouard Philippe a répondu sur X au leader insoumis, l'accusant de faire des “pilleurs” et des “casseurs d'extrême gauche” des “modèles d'intégration” et des “victimes de la police”. Un message auquel a à son tour réagi Jean-Luc Mélenchon, accusant sur le même réseau social Edouard Philippe de “clientélisme racialiste”.
Depuis l’attentat raciste de Trappes, les insoumis accusent les chaînes de télévision de laisser proliférer les paroles racistes d’extrême droite. Ni LFI ni TF1 n’avaient annoncé une interview de Jean-Luc Mélenchon sur la chaîne, où il avait officialisé en mai sa candidature à la présidence de la République.
Cyberattaques visant des applications d’alerte à la population en Ukraine et en Russie
Ces cyberattaques surviennent alors qu’une trêve de six jours entre la Russie et l’Ukraine a expiré dans la ville ukrainienne d’Olechky, dans la région de Kherson. L’armée de l’Air ukrainienne a déclaré que l’application officielle utilisée dans tout le pays pour être averti en temps réel de menace de frappes aériennes russes avait été piratée. Quelques heures plus tôt, le ministère russe des Situations d’urgence avait rapporté lui aussi que son application mobile servant à alerter la population lors d’attaques de drones ukrainiens et autres dangers avait été visée par une “cyberattaque massive”.
Cette attaque a permis à ses auteurs de “diffuser de fausses informations auprès de la population”, a écrit le ministère russe sur Telegram, ajoutant que des travaux étaient en cours pour “corriger la vulnérabilité de l’application mobile et rétablir son fonctionnement normal”. La Russie n’a pas fait savoir dans l’immédiat qui était responsable de la cyberattaque contre son application.
Le Centre ukrainien pour les communications stratégiques (Spravdi), de son côté, a attribué le piratage de son application à la Russie. “Cela se voit à l’apparition de plusieurs alertes inhabituelles. De plus, un message en russe mentionne ‘Orechnik’”, un missile russe, a-t-il assuré dans un message publié sur X.
Une capture d'écran diffusée par cette administration ukrainienne montre des fausses alertes envoyées via l'application, faisant notamment état d'une menace de radiations nucléaires et de risques chimiques.
Ces cyberattaques surviennent quelques heures après la fin d’un cessez-le-feu de six jours, très localisé, à Olechky, qui a permis l’évacuation d’habitants de cette ville en proie depuis des mois à de graves pénuries. C’est le plus long arrêt des combats depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022.
Ni Kiev ni Moscou n’ont fait état de violation de l’accord, à la différence d’autres cessez-le-feu partiels. Présentée comme négociée par la Première dame des Etats-Unis, Melania Trump, cette trêve est une “étape importante dans nos efforts humanitaires conjoints” avec la Russie, a déclaré le commissaire du Parlement ukrainien aux droits de l’homme, Dmytro Lubinets.
Sur le terrain, le chef de l’administration militaire de la région de Kherson, Oleksandre Prokoudine, a exhorté les habitants de la région à “être particulièrement vigilants” et à “répondre immédiatement aux avertissements d’attaques russes” après l’expiration du cessez-le-feu. La Russie comme l’Ukraine ont par ailleurs continué leurs attaques en dehors de la zone du cessez-le-feu.
Le coup de massue à l’Iran de Donald Trump
A deux jours des élections de mi-mandat, le président américain a menacé de reprendre l’offensive en Iran, alors que le média américain Axios rapporte qu’il a discuté au téléphone avec le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de l’opportunité de relancer des frappes.
“La seule raison pour laquelle je n’en ai pas encore fini avec l’Iran, c’est que je veux être gentil... Mais nous allons devoir, à un moment, leur donner un coup de massue”, a déclaré le locataire de la Maison Blanche lors d’un meeting dans l’Iowa, un état rural du centre des Etats-Unis. “Nous pouvons faire ça en dix minutes”, a-t-il encore lancé.
L’Iran a répliqué en prévenant que Donald Trump ne serait, cette fois, “pas en mesure de dicter ni le moment ni les conditions” d’un arrêt des hostilités. “Une nouvelle guerre pourrait être plus longue que la précédente”, a dit le porte-parole de l’armée, Mohammad Akraminia.
En près de 40 jours, des bombardements israélo-américains avaient tué de nombreux responsables iraniens, dont le guide suprême Ali Khamenei, et fait des milliers de morts civils. Un cessez-le-feu en avril y avait mis fin, et avait été suivi d’un protocole d’accord en juin, avant que la trêve vole en éclats cet été. Les échanges de frappes ont repris, l’Iran ripostant en ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.
Si une accalmie est observée depuis début septembre, des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat.
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