On nous avait vendu cent jours d’apaisement. Deux semaines de mobilisation lycéenne plus tard, il y a eu des tirs tendus de LBD, une clé de cou, un gamin de cinquante kilos exfiltré d’une foule par des CRS. Pendant ce temps, le président explique à des chefs d’entreprise que celui qui ne croit pas en l’avenir a déjà perdu. Le pouvoir fait du coaching, et sa police s’occupe du reste.
Place de la Bastille, les charges s’enchaînent sur des adolescents. Je les commente comme un match de foot, parce que l’ironie est la seule façon de regarder ça sans hurler. Je félicite l’« équipe de France de MacronBall » sous Laurent Nuñez, héritière de l’ère Darmanin, de Sainte-Soline et des gilets jaunes de 2018. À Strasbourg et à Montpellier, les images montrent le jeu de cette équipe : tirs de LBD à plat, étranglement, foule. Le compteur, lui, s’emballe : à ce rythme, deux semaines de lycéens pourraient produire plus de gardes à vue qu’un an de gilets jaunes. Quand un homme menace Rima Hassan d’un fusil à pompe, la même police ne bronche pas. Quand la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, accuse LFI de brouiller les revendications, c’est pour mieux oublier qui les a étouffées : l’équipe qu’on a envoyée mater ces jeunes. Éric Ciotti et Martine Vassal, eux, réclament déjà l’interdiction de la France insoumise. Dans le Nord-Ouest, la police du 44 a fini par placer un dinosaure en garde à vue. Il n’y a que lui qui n’ait pas pu s’enfuir.
▶ 24:49 — LBD, clés de cou : les images des manifs lycéennes
▶ 33:32 — Charge policière commentée comme un match de MacronBall
▶ 48:11 — Maud Bregeon rend LFI responsable des violences en manif
▶ 1:51:56 — Lycéens : plus de gardes à vue qu’en un an de gilets jaunes
Alexis Dupuis a dix-sept ans. À Sarcelles, on l’a orienté vers un BTS alors qu’il voulait une filière générale. Voilà Parcoursup en une phrase : un algorithme qui range les enfants selon leur code postal et leur réseau, puis appelle ça un choix. La voie professionnelle y est vécue comme une voie de garage, sans carnet d’adresses pour décrocher un stage, avec du racisme en prime. Raphaël Glucksmann soutient les revendications lycéennes, mais refuse de manifester, et veut « transformer » la plateforme. Transformer en profondeur, c’est la supprimer ; sinon, c’est du macronisme sous un autre badge, et c’est ce que je vois en lui : un macroniste, voire le dauphin. Quant aux 3 000 professeurs remplaçants annoncés par Édouard Geoffray, personne ne sait d’où ils sortent. On ne répare pas un tri social avec des enseignants fantômes.
▶ 11:40 — Glucksmann face aux lycéens : « transformer » Parcoursup
▶ 21:17 — Parcoursup : un tri social qu’il faut jeter, pas réformer
▶ 15:40 — 3 000 profs remplaçants annoncés : d’où sortent-ils ?
Devant des entrepreneurs, Emmanuel Macron improvise un discours de coach : croyez en vous, croyez en l’avenir. L’homme qui a flingué ce pays en fait désormais un séminaire de développement personnel. Son ancien Premier ministre, Édouard Philippe, prétend ensuite faire travailler deux heures de plus par semaine pour mille euros par an au SMIC. Or, comme je le dis : « Le fait d’avoir été Premier ministre d’Emmanuel Macron devrait le disqualifier d’emblée. » Regardez où va l’argent pendant qu’on vous sermonne. Selon la CFDT et le Medef, 12 milliards d’euros ont été prélevés dans les caisses de l’assurance chômage entre 2023 et 2026, et 2 milliards de plus sont prévus au budget 2027. Pour moi, c’est un hold-up : l’État va là où il y a de l’argent, et le système, lui, était à l’équilibre. À l’autre bout du spectre, Jordan Bardella assure ne connaître ni Alain Soral ni Dieudonné, et reproche à la presse de leur donner de l’écho. Il a effacé ses données Facebook après avoir dit ne plus s’en servir. Chez eux tous, la responsabilité est toujours ailleurs.
▶ 1:33:54 — Macron en coach : « Croyez en vous », il a flingué le pays
▶ 4:17 — Macron en influenceur, Philippe et la primaire PS
▶ 43:41 — Édouard Philippe : travailler deux heures de plus par semaine
▶ 37:37 — 12 milliards ponctionnés à l’assurance chômage depuis 2023
▶ 1:22:29 — Bardella nie connaître Soral et Dieudonné
Une lycéenne résume mieux que tous les éditorialistes : on lui a enseigné 1789, 1968, Rimbaud, Olympe de Gouges, rien que des révoltes. Elle conclut : « Vous nous apprenez la révolte, et quand c’est notre tour, vous dites que c’est de la merde. » Cette génération a grandi entre la peur du climat, celle du virus et celle de la guerre, et elle refuse désormais de jouer le jeu. Le Forum de Davos lui-même classe la « démission de la jeunesse » parmi les dangers. Je ne crois pas au grand soir, mais au petit matin : à l’effondrement. La violence d’État est tout ce qui reste à l’ancien monde pour retarder l’échéance.
▶ 1:56:10 — « On se révolte comme on nous l’a appris » : la jeunesse parle
▶ 1:01:32 — Jeunesse démissionnaire : les premières marches de l’effondrement
Un pouvoir qui enseigne la révolte à l’école et la réprime dans la rue ne manquera jamais d’élèves.
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