Les menaces surréalistes de Donald TrumpLe Conseil pour la paix de Donald Trump, 5 tonnes de cocaïne saisies en Polynésie française, signature d'un nouvel accord pour la Nouvelle-Calédonie, Patrick Balkany renvoyé devant la justice.Les menaces surréalistes de Donald TrumpLe président américain Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français, en réponse au refus d'Emmanuel Macron de rejoindre son Conseil pour la paix. "Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n'est pas obligé d'y adhérer", a-t-il déclaré à des journalistes en Floride. La veille, l'entourage d'Emmanuel Macron avait fait savoir auprès de l'AFP que la France "n'entend pas donner suite favorable" à l'invitation reçue pour rejoindre un Conseil pour la paix tandis que le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se "coordonner" avec ses partenaires. Le président américain a confirmé avoir invité Vladimir Poutine à rejoindre le Conseil pour la paix qu'il veut créer pour résoudre les conflits dans le monde, en concurrence avec l'ONU et avec un ticket d'entrée à un milliard de dollars pour un siège permanent. La Maison Blanche n'a pas publié la liste des pays invités. Plusieurs capitales ont elles fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d'invitation, sans forcément dire s'il comptait l'accepter ou non. Macron met en garde contre un monde sans règles lors de son discours au Forum économique mondial de Davos (avec ses lunettes aviateur)Macron a critiqué ouvertement les pratiques des États-Unis et de la Chine, tout en plaidant pour une Europe plus souveraine et compétitive. Dans son allocution de 30 minutes, intitulée "Adresse spéciale", le chef de l'État français a décrit un paysage géopolitique alarmant, marqué par une "normalisation des conflits" et un "déplacement vers un monde sans règles". "Nous assistons à un basculement vers l'autocratie contre la démocratie, vers plus de violence", a-t-il déclaré, soulignant que le droit international est "piétiné" et que la loi du plus fort semble prévaloir. Il a insisté sur le fait que l'Europe ne doit pas hésiter à déployer cet instrument face aux pressions, y compris vis-à-vis des États-Unis, pour défendre ses intérêts. Concernant la Chine, le président français a dénoncé des "surcapacités massives" et des "pratiques distortives" qui submergent l'économie mondiale. Tout en saluant les investissements chinois en Europe, il a appelé à plus de transferts de technologies et à une réciprocité, afin d'éviter une dépendance excessive aux importations subventionnées. En conclusion, le président a réaffirmé le soutien de la France et de l'Europe au Danemark et au Groenland, appelant à ne pas accepter une nouvelle approche coloniale. "Nous ne devons pas oublier le message de la Seconde Guerre mondiale", a-t-il averti, insistant sur la nécessité de coopérer pour contrer la vassalisation et les blocs politiques. Petit point sur le Conseil pour la paix trumpienJusqu'à la révélation de sa charte, le Conseil pour la paix de Donald Trump avait pour seule mission de superviser la phase 2 du plan visant à mettre fin à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. C'est d'ailleurs le périmètre que lui avait fixé l'ONU et son Conseil de sécurité, en lui donnant un mandat courant jusqu'à la fin de l'année 2027. Pourtant, dans la charte distribuée en pièce jointe aux invitations à rejoindre ce comité, aucune mention n'est faite du territoire palestinien. Ce projet vise à "promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", explique son article 1. Comme cela a été validé par l'ONU, Donald Trump sera le "premier président du Conseil pour la paix". Mais la charte précise que ses pouvoirs seront très larges. Selon ce texte, le président américain serait le seul autorisé à "inviter" d'autres chefs d'Etat et de gouvernement à le rejoindre. Donald Trump pourrait révoquer leur adhésion d'un simple geste, sauf en cas de "veto par une majorité des deux tiers des Etats membres". La charte prévoit aussi que le président du Conseil pour la paix se réserve un droit de regard sur tous les votes. La participation à ce comité expire au bout de trois ans. Pour renouveler leur mandat, les pays doivent alors à nouveau être invités par le président, sauf s'ils ont versé "plus d'un milliard de dollars en espèces au Conseil pour la paix au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la charte". Plusieurs dirigeants étrangers ont reçu une invitation de la part de Donald Trump. Il s'agit du Premier ministre de l'Albanie, Edi Rama, du président argentin, Javier Milei, du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, du Premier ministre canadien, Mark Carney, du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, du président turc, Recep Tayyip Erdogan, de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Le Kremlin a fait savoir que le président russe Vladimir Poutine avait "reçu une invitation". De son côté, la France a également été invitée mais "n'entend pas donner suite favorable" car ce projet "soulève des questions majeures", a déclaré l'entourage d'Emmanuel Macron. Dans son préambule, le texte recommande de "s'écarter des approches et des institutions qui ont trop souvent échoué". Sans les nommer directement, il juge aussi que les organisations internationales "favorisent la dépendance" des régions en guerre et "institutionnalisent les crises". Cinq tonnes de cocaïne saisies en Polynésie françaiseLa marine nationale a saisi 4,87 tonnes de cocaïne sur un navire de pêche dans la zone maritime polynésienne. Le navire venait d'Amérique centrale. La cocaïne, répartie en 96 ballots, était destinée au marché australien et elle était convoyée par dix marins du Honduras et un Equatorien, sur un navire battant pavillon togolais. Ils ne seront cependant pas poursuivis par la justice française. "L'article 17 de la Convention de Vienne prévoit que la Marine peut intercepter un navire en haute mer, après des vérifications sur l'état de pavillon, et demander au procureur s'il accepte que la procédure ne soit pas judiciarisée, et qu'elle ne soit donc traitée qu'au plan administratif", a déclaré la procureure Solène Belaouar. L'objectif est de concentrer les moyens judiciaires français sur les faits qui concernent directement le territoire national. Or, la drogue n'était pas destinée au marché polynésien, qui ne peut en absorber une telle quantité. Il n'y aura donc pas d'enquête, mais les Etats des trafiquants ont la possibilité d'engager des poursuites à leur encontre. Un accord complémentaire à l'accord de Bougival pour la Nouvelle-CalédonieEmmanuel Macron a annoncé la signature d'un accord complémentaire à l'accord de Bougival sur l'avenir institutionnel de l'archipel de la Nouvelle-Calédonie. Ce nouvel accord dit "Elysée-Oudinot" doit venir enrichir celui de Bougival signé en juillet 2025, qui porte notamment sur la question très sensible du dégel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. À l'issue de plusieurs jours de réunion, boycottée par le principal mouvement indépendantiste, le FLNKS, le chef de l'Etat a aussi annoncé la signature d'un "protocole financier et un travail gouvernemental pour que tout cela soit reflété dans les textes budgétaires". Patrick Balkany renvoyé en procès pour détournement de fonds publicsL'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre, qui doit le juger pour détournement de fonds publics. L'audience, prévue le 20 février, aura pour but de fixer la date du jugement au fond de cette affaire concernant des faits qui s'étaient déroulés de janvier 2010 à mai 2015. Il s'agit de l'affaire "des chauffeurs". Patrick Balkany est accusé d'avoir utilisé des employés de la commune comme chauffeurs privés, notamment en vacances, alors qu'il était maire de Levallois-Perret. Vous reprendrez bien un petit 49.3 pour la route !Vous êtes actuellement un abonné gratuit à Le Monde Moderne. Pour profiter pleinement de l'expérience, améliorez votre abonnement. |
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