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Ils veulent pouvoir couper les réseaux. Construisons la suite.
Notre projet de décentralisation entre dans une nouvelle étape. Rejoignez les premiers volontaires.
Chers amis, chers résistants,
Lundi, sur RTL, Gabriel Attal, candidat à l’élection présidentielle, a défendu l’idée de pouvoir bloquer les réseaux sociaux pendant des émeutes, après les pillages qui ont accompagné la manifestation du samedi 17 octobre. Selon lui, ce blocage « doit faire partie des outils si le mouvement se poursuit ».
Que les choses soient claires : les pillages sont inacceptables, et personne ici ne les défend. Mais la réponse proposée mérite qu’on s’y arrête. D’autant que le précédent existe déjà : en 2024, le gouvernement avait coupé TikTok en Nouvelle-Calédonie pendant les émeutes, une décision que le Conseil d’État a depuis jugée illégale.
Et il n’est pas le seul. Dans la foulée, sur France Info, Frédéric Péchenard, ancien directeur général de la police nationale, a réclamé un accès aux messageries chiffrées. Quelques semaines plus tôt, le 1er octobre, le gouvernement annonçait déjà qu’il soutiendrait la suppression d’un article de loi, ajouté par le Sénat, qui interdisait d’imposer des « portes dérobées » aux messageries comme Signal ou WhatsApp, au motif que cet article n’avait pas sa place dans ce texte.
Une même logique
À mes yeux, ces propositions dessinent une même logique : multiplier les justifications présentées comme légitimes pour reprendre le contrôle de nos échanges en ligne.
Depuis des mois, il est question de conditionner l’accès aux réseaux à des contrôles d’identité. Aujourd’hui, au nom de l’ordre public, revient l’idée de pouvoir les couper, ou de lire nos conversations privées. Les arguments changent, mais nous retrouvons toujours cette volonté de décider qui peut accéder aux réseaux, et dans quelles circonstances.
Quand une voie rencontre des résistances, une autre apparaît. C’est cette accumulation qui doit nous alerter : chaque crise peut devenir une nouvelle occasion de faire accepter un pouvoir de contrôle supplémentaire.
Et une fois l’outil de blocage installé et son utilisation banalisée, le risque est qu’il serve demain contre d’autres mobilisations, d’autres contestations, d’autres voix gênantes. Couper un réseau, ce n’est pas seulement empêcher des casseurs de se coordonner. C’est aussi empêcher des témoins de filmer en direct, des citoyens de documenter, et des informations de circuler au moment précis où elles comptent le plus.
C’est précisément pour cela que nous construisons un réseau décentralisé : pour que notre liberté de publier et de nous informer dépende de moins en moins de ceux qui voudraient pouvoir couper l’accès.
Ce que nous préparons devient concret
Dans ma dernière lettre, je vous parlais d’un réseau porté par la communauté, où chacun pourrait héberger ses propres vidéos et contribuer à protéger celles des autres.
Nous préparons maintenant l’ouverture d’une première version Alpha, réservée aux premiers volontaires.
Concrètement, vous pourrez conserver une copie de vos vidéos sous votre propre contrôle, sur votre propre serveur ou sur une machine chez vous, sans frais d’hébergement à verser à CrowdBunker pour cette copie. Les deux options seront possibles, mais pour cette première phase, nous privilégions l’hébergement sur serveur.
Et plus vos vidéos seront copiées à des endroits différents, par vous comme par la communauté, moins elles dépendront d’un seul lieu, d’une seule entreprise ou d’un seul interrupteur.
Et ce n’est qu’un début.
Ce que nous construisons va bien au-delà de la protection des vidéos. Bien au-delà, sans doute, de ce que la plupart d’entre vous peuvent imaginer aujourd’hui. Je ne peux pas encore tout vous révéler, mais je peux vous dire ceci : si nous allons au bout, nous ne sauverons pas seulement une plateforme. Nous poserons les fondations d’un internet où la liberté de s’exprimer ne dépendra plus du bon vouloir de ceux qui veulent couper, filtrer ou ficher.
C’est le projet le plus ambitieux que nous ayons jamais porté. Je vous en dirai davantage le moment venu, et je crois sincèrement que vous ne serez pas déçus.
Devenez l’un des premiers maillons du réseau
Nous espérons vous voir très nombreux. Créateurs, spectateurs ou simplement déterminés à défendre la liberté d’expression : inscrivez-vous, pas besoin d’être un expert. Vous serez recontactés pour participer progressivement aux essais de cette première version Alpha.
Et partagez ce formulaire autour de vous. Plus les volontaires seront nombreux, et plus leurs équipements seront variés, plus ces premiers essais seront utiles. Un serveur loué chez un hébergeur, un ordinateur qui reste allumé à la maison, une connexion modeste ou très rapide : chaque configuration nous apprend quelque chose.
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Albert Einstein a dit : le monde est dangereux à vivre, Non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire
mercredi 21 octobre 2026
Fwd: Ils veulent pouvoir couper les réseaux. Construisons la suite.
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