https://www.midilibre.fr/2026/10/23/acte-2-du-retour-des-gilets-jaunes-a-ales-on-fait-le-point-sur-les-actions-qui-pourraient-etre-menees-durant-la-journee-du-samedi-24-octobre-13617112.php
Envoyé de mon iPhone
Une semaine à avoir la boule au ventre. Cela fait 3 jours que j’essaie d’écrire ce mail. Chaque journée amène son lot de nouvelles toujours plus inquiétantes les unes que les autres. Cette semaine, qui figurera dans les livres d’Histoire, a autant fait vaciller nos cœurs de gauchos que les fondations de notre État de droit.
Ce 17 octobre historique marque le bilan de 4 semaines de mobilisations et près de 10 ans de Macronie. Des centaines de milliers de lycéen·nes, leur famille, leurs profs ont été rejoints par des citoyen·nes de tout âge, classe sociale et bord politique, afin de manifester pour plus de justice sociale. Samedi dernier, près de 800 000 personnes ont répondu présentes. Les revendications sont claires : de meilleures conditions d’études pour les lycéen·nes, des salaires qui permettent de vivre, des services publics fonctionnels et une répartition plus juste des richesses. Les demandes des syndicats lycéens, étudiants et plus largement des organisations syndicales sont claires et soutenues par une large majorité de Français·es. Il suffisait d’y répondre favorablement pour apaiser la situation. Le gouvernement a fait tout le contraire.
Et pourtant, ces mobilisations historiques reçoivent un traitement médiatique très partiel et polarisé. Rien d’étonnant me direz-vous, quand on sait que la majorité des médias sont détenus par des milliardaires d’extrême-droite. Les discours dans ces mêmes médias qui, depuis plusieurs années, banalisent le racisme et créent le terreau pour qu’un homme de 39 ans commette un attentat raciste et islamophobe dans les Yvelines, faisant 1 mort et 4 blessé·es dont une enfant de 12 ans. Nos pensées aux victimes pour cet acte barbare.
On ne parle que de la violence des manifestant·es ou des casseurs. Précision juridique importante : on parle de violences sur des personnes et de dégradation pour des biens. Même si la majorité des commerces touchés sont ceux de grandes enseignes assurées, plusieurs milliers de commerçant·es indépendant·es ont malheureusement été très impacté·es, ce qui est regrettable.
Les violences sur des personnes sont peu évoquées. Pas un mot ni une image pour les rassemblements joyeux, festifs ou calmes, les chorales, orchestres et fanfares, les jeunes qui raccompagnent des personnes âgées chez elles ou aident les restaurateurs à rentrer leur mobilier.
On n’entend pas non plus que la police française est la plus violente d’Europe et une des seules à utiliser des gaz lacrymogènes (interdits sur les fronts de guerre car trop toxiques), des LBD et des grenades mutilantes. Qu’elle tue plus que les polices allemande, suédoise, autrichienne, portugaise et tchèque réunies.
Près d’un million de personnes d’âge, de classe sociale, d’opinion politique différentes sont dans la rue, mais on ne parle pas de “pourquoi” elles sont là
🔍 Selon Acrimed, du 28 septembre au 1er octobre, les journaux télévisés de France 2 (pourtant chaîne publique) ont accordé, sur le temps d’antenne consacré aux mobilisations citoyennes : 75% du temps aux “violences” et 8% seulement aux revendications lycéennes.
Recentrons (et urgemment) le débat, comme le font de nombreux médias internationaux. En Angleterre, The Guardian titre “Why are French police so violent ?”. En Suisse, Le Temps “La France doit revoir sa doctrine policière”. Aux États-Unis “The rioting across France is a symptom of a much larger crisis”.
Et recentrer le débat, il va falloir le faire avec ses proches dans les prochains jours, semaines, mois. C’est la seule condition pour avoir un débouché politique positif à ce que nous sommes en train de faire, c’est-à-dire faire gagner une gauche de rupture. Vous vous sentez impuissant·e et démuni·e - voire franchement inquiet·e. C’est normal 💖 nous aussi. Mais on sait que le seul remède à tout ça, c’est l’action. Si on ne le fait pas, ils gagneront.
➡️ On accepte encore quelques inscriptions à notre programme de la Fabrique cette semaine pour savoir quoi faire pour 2027 ! Inscrivez-vous !
👀 On vous prépare un kit pour échanger avec vos proches sur les mobilisations en cours et un live pour en discuter entre nous en direct, restez connecté·es pour participer ! D’ici là, n’hésitez pas à utiliser ce mail comme ressources pour vos conversations avec vos proches dans les jours à venir.
Les vrais responsables, ce sont ceux qui ont le pouvoir de changer les choses. D’apaiser les tensions en proposant des vraies solutions, d’éviter les violences sur manifestant·es voire les casses. Les responsables sont donc : Emmanuel Macron et son gouvernement. Qu’ont-ils fait ces derniers jours ?
Fait inconcevable : le gouvernement n’a eu aucun mot pour les victimes de violences. Le premier ministre Sébastien Lecornu déclare “il n’y a pas eu de personne tuée, c’est un miracle” et que les policiers ont “bien travaillé”. Si bien travaillé que 42 enquêtes (au moins) ont été ouvertes par l’IGPN depuis le début du mouvement lycéen pour violences policières ayant par exemple entraîné une main ou une mâchoire arrachée ou encore la perte d’un œil.
Si bien travaillé que 2 personnes sont mortes d’arrêt cardiaque ou d’AVC à Paris samedi dernier. Le décompte des victimes de LBD ou de grenades de désencerclement se compte probablement par milliers.
Scandale d’État : les services de renseignement français influencés par le gouvernement. Une enquête Médiapart a partagé cette semaine les écrits d’un commissaire des Renseignements Territoriaux : “on nous demande d’écrire texto que LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des Renseignements Territoriaux”.
Interdire le premier parti d’opposition qu’est LFI ? La question “peut être posée” selon un homme politique influent. Et non, il ne s’agit pas d’Eric Zemmour mais bien de Gérard Larcher, président du Sénat (et accessoirement remplaçant de Macron s’il ne peut plus assurer ses fonctions). Et une nouvelle fissure dans l’État de droit.
Et si on bloquait les réseaux sociaux, comme toute bonne vieille dictature ? Gabriel Attal, candidat “centriste” à l’élection présidentielle, propose de “bloquer temporairement et de manière ciblée l’accès à certaines plateformes [de réseaux sociaux]”. C’est pourtant lui qui déclarait, en janvier 2026, à propos de la dictature iranienne “Couper internet pour tuer en silence : voilà la stratégie des mollahs face à la soif de liberté du peuple iranien”. Devant le Sénat, le ministre de l’Intérieur Nuñez déclare : “suspendre l’utilisation des réseaux sociaux [..] : rien de l’interdit en principe”.
La BRI, le Raid, le GIGN et l’Armée seront déployés ce samedi 24 octobre. Vous ne rêvez pas. Pourtant en 2025, selon le premier Ministre Sébastien Lecornu : “on ne déploie pas l’armée contre son propre peuple”. Petit rappel : l’armée existe pour défendre la population civile d’un pays contre des menaces extérieures. Lorsqu’on commence à l’utiliser contre sa propre population, on cherche à la contrôler et la réprimer et on n’est plus en démocratie. Cette décision historique lacère l’État de droit en France. De tous bords politiques : cette information devrait grandement nous alarmer et nous faire réagir.
Des couvre-feux ont été établis cette semaine à Paris, Marseille, Toulouse, Lyon, Bordeaux et Nice. Bonus : un hélicoptère, projetant son faisceau lumineux sur le sol, a survolé Paris toute la soirée. Quel est le but de cette manœuvre un brin ridicule si elle n’était pas inquiétante ?
Emmanuel Macron nous recommande même carrément de ne pas manifester samedi. Par arrêtés, le gouvernement a déjà interdit de manifester ce samedi à Lyon, Grenoble, Bourg-en-Bresse, Rouen, au Havre, au Mans, à Toulon, à Chambéry… La liste s’allonge d’heure en heure. “La recommandation générale, c’est pas de manifestations les jours à venir” déclare Emmanuel Macron. Il annonce l’interdiction des manifestations qui seraient demandées “par des gens qui n’ont aucune légitimité de le faire” selon lui et n'autorisera que celle des syndicats. Pour rappel : le rôle de l’État est de pourtant de garantir que des centaines de milliers (voire des millions) de personnes puissent manifester librement ce samedi 24 octobre, dans la joie, en portant leurs revendications et sans peur
Une réponse judiciaire glaçante. Marie Tostivint, membre du Conseil de l’ordre, déclare à propos du dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny : “Je suis avocate depuis 30 ans, je n’ai jamais vu ça. Ce sont des conditions [de détention] abominables”.
Avant ce samedi, 86% des 8 000 personnes placées en garde à vue dans le cadre du mouvement étudiant étaient des enfants. C’est 2 fois plus que le nombre de personnes placées en garde à vue pendant toute la durée des Gilets Jaunes.
Les directives de répression judiciaire sont claires : les comparutions immédiates s’enchaînent et les verdicts sont extrêmement sévères.
🔍 Contre un homme jugé en comparution immédiate à Bobigny jugé pour avoir ramassé une boîte de lait infantile devant une pharmacie pillée, le parquet requiert 14 mois de prison ferme, son incarcération immédiate, la confiscation de sa voiture et de son téléphone. En comparaison, un père de famille reconnu coupable de viols sur sa fille a été condamné à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal d’Arras.
💡 Paradoxalement, ces derniers jours participent aussi à réveiller une partie de la population moins engagée - ou moins au courant du glissement autoritaire macroniste ces dernières années. L’indignation se réveille y compris auprès de profils plus “centristes”.
Chez Victoires Populaires, on est en train de vous concocter un cycle de formations gratuites sur le “proche-à-proche” : vous former gratuitement à avoir des conversations non explosives avec vos proches pour les faire cheminer vers le vote.
🙈 L’actualité nous incite à préparer ces formations plus tôt que prévue, mais on a besoin de davantage de dons pour la lancer. L’argent est un excellent moyen de défendre une cause qui nous tient à cœur si on manque de temps pour s’engager. On compte sur vous ?
Recentrer le débat, c’est se rappeler que la vraie violence, elle est sociale :
10 millions de pauvres
350 000 personnes à la rue, 1000 mort·es dans la rue en 2025
7 millions ne mangent pas à leur faim, 4 millions de personnes sont mal logées
165 000 mort·es du cancer (combien d’évitées si on avait interdit les pesticides ?)
8 000 mort·es pendant les canicules de l’été 2026
800 mort·es au travail en 2025
73% des Français·es ont renoncé à un acte de soin en 5 ans
Et avec cette dérive autoritaire, Macron abîme fortement le lien entre la police (et justice) et la population. Lorsque la population n’a plus confiance dans les institutions, l’État de droit s’affaiblit beaucoup. En effet, la tentation devient alors grande de se faire justice soi-même.
Le droit à manifester est un acquis social fondamental. Cette semaine, le haut commissaire des Nations-Unies et la Commission européenne ont élevé la voix pour défendre ce droit fondamental.
Une solution pourtant simple. Des mesures d’urgence pourraient être prises : l’économiste Anne-Laure Delattre l’explique. Un plan d’urgence pour l’éducation coûterait 11,8 milliards d’euros. Pour la crise énergétique : 3,4 milliards permettrait de tripler le chèque énergie et de le distribuer aux 30% des foyers les plus modestes. Pour l’alimentation : imposer à la grande distribution de vendre 100 produits à prix coûtant coûterait 0€ à l’État. Pour le pouvoir d’achat : augmenter le SMIC cette année puis l’année d’après coûterait 1 milliard d’euros. Le tout pour la somme de 16 milliards d’euros. Pour info, l’État a débloqué 70 milliards d’euros en 2020 pour le Covid.
Où trouver cet argent ? Elle propose 2 mesures, qui généreraient ces 16 milliards d’euros : taxer les héritages de plus de 4 millions d’euros et une surtaxe pour les entreprises avec un chiffre d’affaires de 1,5 milliards d’euros.
Aujourd’hui, on est en mesure de se demander pourquoi ce plan d’urgence n’est pas mis en place.
N’oublions pas : “Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d'abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d'étouffer la seconde en se faisant l'auxiliaire et la complice de la première violence.”
Dom Hélder Câmara, évêque catholique brésilien, 1970.
Merci d’être arrivé·e jusqu’ici,
Faites attention à vous si vous manifestez aujourd’hui,
Toute l’équipe de Victoires Populaires
Victoires Populaires · 2, rue Jean Laillet - 28000 Chartres, France.
Merci à Midi Libre d’avoir consacré cet article à mon départ de mes fonctions de premier adjoint d’Anduze, effectif le 1er octobre. J’ai exercé cette mission avec conviction, au service d’une ville à laquelle je suis profondément attaché. Je remercie les Anduziens pour leur confiance et toutes celles et ceux avec qui j’ai travaillé.
Je vais maintenant prendre du temps pour mes proches .
Une page se tourne. L’avenir s’ouvre à moi, avec la liberté de lui donner une nouvelle direction et Anduze gardera toujours une place à part dans mon cœur.
Qui peut savoir ce que l'avenir nous réserve ? De belles choses...
Violences en France : "Voir l'ultragauche derrière les casseurs semble être une erreur"
Après les violences du 17 octobre, le gouvernement a pointé du doigt l'ultragauche. Mais le rôle de ses militants dans les débordements reste à établir. Auprès d'Euronews, deux experts soulignent que les violences et les pillages observés sur le terrain ne correspondent pas à leur mode opératoire.
Tous droits réservés AP Photo/Teresa Suarez
"Schéma insurrectionnel", "exactions"... Depuis plusieurs jours, les membres du gouvernement semblent avoir fait de l'ultragauche l'une de leurs principales cibles après les violences et les pillages survenus en marge de la mobilisation du 17-Octobre. Selon le ministre du Commerce, Serge Papin, quelque 3 000 commerces ont été dégradés ou pilléce jour-là.
À l'occasion de sa prise de parole, ce dimanche, Emmanuel Macron a dénoncé des "factieux issus de groupuscules d'ultragauche" qui auraient été rejoints "par de nombreux délinquants" avant de se livrer "à une violence débridée dans nos villes". Ce jeudi, il a de nouveau pris pour cible les groupes "d'ultragauche [...] d'une extrême dangerosité" qui voulaient "faire tomber la République".
Des accusations également portées par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. "La mouvance d'ultragauche radicale de notre pays" est suivie de "très près", a-t-il assuré.
Pourtant, pour le moment, rien ne permet de relier l'ultragauche aux nombreux débordements observés lors de la mobilisation. Selon Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean Jaurès, les plus difficiles à contenir pour les forces de l'ordre n’étaient pas "les militants d'ultragauche, mais ce qu'on appelle les casseurs d'opportunités, c'est-à-dire les gens venus pour le pillage, pour la casse, pour se servir dans les magasins et dans les vitrines qui avaient été, au préalable, éventrés".
"J'ai vu des gens qui semblaient n'avoir vraiment aucune revendication politique, mis à part une sorte, pour certains, de ras-le-bol général et qui utilisaient la manifestation plus ou moins comme un défouloir", observe-t-il, auprès d'Euronews.
Le diagnostic du gouvernement avait déjà été tempéré par la procureure de la République de Paris. Interrogée sur TF1 au sujet des premiers éléments recueillis lors des gardes à vue du week-end, Laure Beccuau, avait assuré qu'elle ne pouvait "absolument pas confirmer" que les auteurs de ces violences étaient "des personnes politisées vers l'ultragauche".
La "grande majorité" des personnes placées en garde à vue "gardent le silence et ne donnent pas de revendications politiques", a-t-elle également affirmé, précisant que "tous les gens qui ont malheureusement commis des dégradations n'ont pas tous été interpellés".
Le constat semble être le même à Marseille, où la mairie a été vandalisée. "On a affaire à des gens jeunes, la plupart du temps pas du tout habillés en noir. On a des graffitis qui sont des graffitis classiques, des revendications de la gauche, de l'extrême gauche", souligne à Euronews Guillaume Origoni, journaliste travaillant sur l'ultragauche.
"Donc il semblerait que ce petit groupe soit effectivement un groupe qui a vu l'opportunité de dégrader une mairie et qui s'y soit engouffré," poursuit-il. "Il ne s'agit pas de nier la présence d'individus prêts à en découdre avec la police, des militants d'ultragauche. Mais de là à faire le pont entre ça et les pillages... On ne peut pas du tout le dire."
L'ultragauche absente des comparutions
Les comparutions immédiates, qui ont d'ores et déjà débuté, mettent également à mal la version du gouvernement. Sur les 2 500 personnes placées en garde à vue, 917 ont été déférées pour être présentées devant un juge, selon un bilan partagé par Gérald Darmanin.
À Marseille, les Black Blocks et l'ultragauche sont "absents du tribunal", indique Guillaume Origoni. "On a plutôt affaire à des gens qui ont pillé, qui ont participé au pillage, ou qui ont profité des pillages, mais qui n'ont rien à voir avec l'ultragauche, avec des revendications politiques, des dynamiques politiques", assure le journaliste.
Jean-Yves Camus apporte malgré tout une nuance. "Les personnes qui se font interpeller sont généralement celles qui sont là par hasard ou qui sont les moins organisées. Les militants les mieux organisés à ce type d'action savent s’échapper de l'endroit où ils ont commis un délit et ne restent sur place que ceux qui sont les moins habitués à ce type d'action", révèle-t-il.
Il reconnaît alors qu'il existe un "biais" au moment d'analyser les profils des personnes en comparution immédiate. "Naturellement, les plus politisés et ceux qui ont été formés à des actions délictueuses, eux savent jouer à cache-cache avec la police."
L'ultragauche s'en prend à "des symboles"
Si le terme d'ultragauche fait aujourd'hui les gros titres, le mouvement n'est pourtant pas nouveau en France. Jean-Yves Camus l'avait déjà observé il y a dix ans lors des manifestations contre la loi Travail, notamment. "On a toujours vu, en tout cas depuis le début des années 2010, l'ultragauche opérer sous la forme d'un black bloc et chercher la conflictualité avec les forces de l’ordre", explique le politologue.
Une présence remarquée "par les heurts avec les forces de l'ordre" et par "les multiples slogans qui sont peinturés sur les murs : slogans anticapitalistes, anarchistes, réclamant l'abolition de l'État, anti-autoritaires", poursuit l'expert, qui ne nie pas la présence de cette mouvance dans la manifestation. "Dès avant le départ du cortège, on a vu l’ultragauche aller comme d'habitude au contact des forces de l'ordre", souligne-t-il.
Mais ce qui différencie l'ultragauche, qui compte environ 5 000 personnes dans le noyau dur, des pilleurs de ce samedi 17 octobre sont les cibles de ces derniers. Car les petits commerçants sont rarement dans le viseur des Black Blocks, qui préfèrent s'attaquer aux "magasins qui symbolisent, pour eux, les travers de la société capitaliste", indique Jean-Yves Camus, qui cite alors les banques, les distributeurs automatiques de billets, les sociétés d'assurance et les agences immobilières.
Un point de vu que partage Guillaume Origoni. "L'ultragauche a pillé très peu et vandalisait des symboles. Il s'agit plutôt de dégradations", abonde-t-il.
La France insoumise, bouc émissaire du gouvernement
Le gouvernement a également tenté d'imputer à La France insoumise (LFI), parti classé à l'extrême gauche par le ministère de l'Intérieur, les violences et les pillages. "Il y a une nébuleuse d'extrême gauche dans laquelle La France insoumise occupe une place importante et dans laquelle il y a des gens, des groupuscules, qui clairement sont dans un agenda de violence", avait d'ailleurs lancé Sébastien Lecornu, dès le samedi soir.
Des accusations contredites par une enquête de Médiapart, qui cite un commissaire du renseignement territorial. "Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des renseignements territoriaux, forcément [il s'agit de] décisions politiques", assure-t-il.
"Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco [...]. C’est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas en assumer l’entière responsabilité", souligne également un responsable national d’une organisation syndicale de police auprès du média d'investigation auprès de Mediapart.
Les responsables de LFI et le gouvernement se rejettent mutuellement la responsabilité du chaos dans les rues le week-end dernier. Vendredi après-midi, le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard, a participé à une réunion des partis politiques à Matignon. À l'issue de celle-ci, il a estimé que la rencontre avait "fait perdre" du temps au pays, reprochant au Premier ministre, Sébastien Lecornu, de n'être "à aucun moment rentré dans le débat précis sur les revendications des jeunes, les revendications du pays".
Il a néanmoins tenu à souligner le décalage entre les déclarations publiques du gouvernement et son attitude à l'égard de LFI lors des réunions à huis clos :
"Loin des caméras et des plateaux de télévision, dans les différentes interventions des différents membres du gouvernement et des responsables policiers, à aucun moment LFI n’a été ciblée ou considérée comme étant responsable des événements qui ont eu lieu samedi dernier. Donc ça serait bien que ce qui est dit dans les réunions corresponde à ce qui est dit sur les plateaux de télévision", a estimé Manuel Bompard, coordinateur national de LFI.
"On est en période préélectorale, donc c'est le jeu politique d'essayer de charger l'adversaire politique qui semble avoir le vent en poupe", reconnaît Jean-Yves Camus. Il estime toutefois que LFI peut s'exposer aux critiques, car tous ses élus ne condamnent pas systématiquement les actes de violence. Selon l'expert, certains tendent ainsi à considérer que la violence des manifestants peut être une réponse à celle de la police ou au refus du gouvernement de prendre en compte leurs revendications.
En revanche, le politologue rappelle qu'il ne faut "pas confondre l'ultragauche et l'extrême gauche et ne pas confondre l'ultragauche avec l'ensemble des manifestants". À propos de la mobilisation du 17 octobre, il souligne que "ceux qui ont réussi à quitter la place de la République et à progresser vers la place de Clichy ont formé un cortège autour duquel il n'y a pas eu de débordements".
Samedi 24 octobre avec la jeunesse et contre la vie chère !
Les actualités de la France insoumise
Les libertés publiques ne peuvent pas être une variable d’ajustement d’un exécutif en perdition. Elles sont un principe non négociable et le premier devoir d’un État républicain est de les garantir.
En décidant d’interdire des manifestations,de choisir qui a le droit ou pas d’en organiser, de mettre en place des couvre-feux à l’échelle d’un département ou d’une ville, d’inciter les commerçant·es à recourir à des sécurités privées, l’exécutif franchit une à une les limites qui séparent une démocratie d’un État autoritaire et policier.
Les interdictions de manifester constituent en outre des décisions stupides, susceptibles de générer le chaos. En effet, les interdictions ne feront pas retomber la colère contre la politique du gouvernement et donc la volonté de l’exprimer dans la rue. Or, le fait même de vouloir manifester là où c’est interdit deviendra source de conflit et de violences.
Au lieu de gérer un cortège sur un parcours donné avec des organisateur·rices forcément déclaré·es, la police devra gérer une situation vraisemblablement éclatée et non anticipée. C’est tellement évident qu’on peut se demander si ce n’est pas le but recherché.
C’est par le nombre que le mouvement peut mettre à mal cette stratégie de la tension et du pourrissement.
La France insoumise appelle partout en France à manifester pacifiquement, tou·tes ensemble,aux côté des organisations syndicales de salarié·es, étudiantes et lycéennes en participant à la protectoin de ces cortèges unitaires.
Elle soutient les démarches engagées par les associations et les syndicatspour faire annuler ces décisions arbitraires et inacceptables.
Elle exige du gouvernement qu’il mette un terme à sa fuite en avant autoritaire et réponde enfin aux revendications des salarié·es et de la jeunesse.
Militer en sécurité
Afin de manifester en toute sécurité, nous vous invitons à consulter la brochure « Militer en Sécurité » ainsi que la fiche « Que faire en cas d'arrestation en manifestation ? ».
Samedi 7 novembre à 15h au Bourget, participez au grand meeting de présentation du programme l'Avenir en commun avec Jean-Luc Mélenchon. Cet événement est gratuit et ouvert à toutes et tous.
Retrouvez les vidéos de formation militante de l'Institut La Boétie sur Action populaire. Objectif : donner des clés pour comprendre les fondamentaux de la pensée insoumise et mieux défendre notre projet !
L'Institut La Boétie lance un nouvel outil d'éducation populaire : les cafés-débats, un temps de discussion ouvert à tou·tes animé par un·e intellectuel·le de l'Institut La Boétie sur des grandes thématiques de notre camp politique.