Affaire Bardella, loi intégrale, mouvement lycéen...
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La lettre quotidienne lundi 12 octobre 2026
Par Sarah Brethes, Mathilde Mathieu Alors que les députés sont appelés à voter, mardi 13 octobre, sur la proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles, « Mediapart » a demandé à sept représentantes des mouvements féministe et enfantiste leur avis final sur ce texte qui entendait opérer « une rupture de paradigme ».
Par Faïza Zerouala Nommé dans un climat de forte défiance à cause de son profil de droite réactionnaire, le défenseur des droits a recruté un conseiller dont les profils en ligne étaient jalonnés de publications xénophobes, transphobes et marquées à l’extrême droite. Après des alertes venues de salariés de l’institution, il a été licencié.
Puissant ciment de la mobilisation, la contestation de Parcoursup s’est très vite imposée comme un pont entre les revendications lycéennes et étudiantes. La suppression de la plateforme ne résoudra pourtant rien au manque de places à l’université, sous-dimensionnée au profit du privé depuis une décennie.
Par Romaric Godin En s’appropriant le monument révolutionnaire édifié place de la Bastille, à Paris, la jeunesse de 2026 n’a pas insulté les morts de 1830. Mais elle leur a, au contraire, rendu le plus grand des hommages en tissant un lien entre les deux époques.
Par Sheerazad Chekaik-Chaila (Mediacités) Une semaine après le début de la mobilisation lycéenne, les élus des Hauts-de-France ont voté la répartition de la dotation globale de fonctionnement pour 2027. Stable à l’échelle régionale, cette enveloppe baisse de 2,1 % dans la métropole lilloise et particulièrement dans les établissements aux publics les plus fragiles.
Par François Bougon
L’occupation de la place centrale de Madrid, depuis plus de deux semaines, avec son village de tentes et ses assemblées générales, rappelle le mouvement des indignés de 2011. La mobilisation pousse aussi à l’union de la gauche alternative pour les législatives anticipées.
Par Fabien Escalona L’eurodéputée Aurore Lalucq appelle la Commission européenne à agir pour protéger la Cour pénale internationale contre les sanctions des États-Unis. Des mesures pourraient être activées sans tarder, mais certaines voix appellent au « dialogue » pendant le délai de six mois annoncé par Washington.
Par Lucie Delaporte Pour maintenir en activité son unique centrale nucléaire, malgré un Danube asséché comme jamais, la Hongrie a construit cet été une digue de pierre sans aucune concertation avec ses voisins et sans aucune étude d’impact sur la biodiversité.
Par Jade Lindgaard
Alors que le budget 2027 prévoit toujours plus d’argent pour le nucléaire en France, cette source d’énergie est largement distancée dans le reste du monde par le solaire et l’éolien. Quant aux petits réacteurs SMR, leur coût envoie de sérieux signaux d’alerte, selon plusieurs spécialistes.
Par Jade Lindgaard L’industrie de l’IA compte sur les petits réacteurs nucléaires pour fournir les quantités astronomiques d’électricité nécessaires à ses data centers. Mais pour l’historien Paul R. Josephson, cette idée est irréaliste, tant d’un point de vue matériel qu’économique.
Par Ludovic Lamant
La capitale des Flandres présente une anomalie : ses salles de cinéma appartiennent toutes à UGC, dont Vincent Bolloré est désormais actionnaire via Canal+. Sous la pression d’un collectif de professionnels, la mairie travaille à l’ouverture d’un nouveau lieu.
Par Sarah Benhaïda Les militants de Révolution permanente sillonnent la France depuis plus de quatre mois pour collecter les 500 signatures nécessaires pour présenter Anasse Kazib, leur candidat, en 2027. Après avoir échoué en 2022, le mouvement pourrait cette fois-ci réussir à envoyer le syndicaliste cheminot à la présidentielle.
Par Agence France-Presse Dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 octobre, une cyberattaque a visé les installations frigorifiques de 300 magasins Intermarché, de près d’une centaine du réseau de Coopérative U, ainsi que de plusieurs points de vente E.Leclerc et Monoprix. Le parquet de Paris a annoncé ouvrir une enquête.
Dans le studio
le blog de Olivier Esteves Souvent invoqués, rarement consultés, ces cahiers de doléances sont pourtant disponibles à tous et toutes, dans les archives départementales. Zoom sur la question de l'éducation dans huit départements. Toutes ces pages que Macron, Blanquer hier et Geffray aujourd'hui n'ont pas lues.
le blog de Collectif Nos services publics Emmanuel Macron a déclaré qu'il ne voulait «entendre aucun argument de moyens dans cette affaire ». La question est pourtant centrale : s’agit-il d’une ou plusieurs défaillances individuelles, ou de la conséquence tragique d’un dysfonctionnement structurel ? La réponse est simple : bien sûr qu’il y a un manque de moyens dans la justice, et personne ne le découvre.
le blog de William Bourdon et Vincent Brengarth La justice pénale internationale traverse sans doute l’un des moments les plus critiques de son histoire depuis l’entrée en vigueur du Statut de Rome en 2002. Défendre la Cour pénale internationale ne consiste pas à prétendre qu’elle est parfaite. Comme toute institution humaine, elle peut être critiquée, réformée et améliorée. Mais son affaiblissement ne profitera ni au droit ni aux victimes.
le blog de yorgos mitralias La raison profonde qui fait que Trump et Poutine s’aident mutuellement par tous les moyens, est qu’ils sont tous les deux des éminences de cet Internationale Brune qui fait ses preuves de plus en plus devant nos yeux et jour après jour ces dernières années !
le blog de Joëlle Stolz Numéro deux de la coalition au pouvoir, le parti social-démocrate autrichien est divisé sur sa stratégie. Or, écrit un économiste, l'acceptation des "lois" du marché capitaliste a entraîné le déclin de la social-démocratie jadis toute-puissante. Comme au temps de Kreisky.
le blog de Christophe Prudhomme Nous sommes nombreux à nous inquiéter de ce qu’on appelle la financiarisation de la santé, y compris un rapport sénatorial qui parle d’une OPA sur la santé. Que cette instance adopte ce type de caractérisation montre que le problème est profond.
le blog de Thomas Delclite La question est étrange. Un chiffre est un chiffre, non ? Non. Entre l’envie de mesurer et le moment où un chiffre arrive sous vos yeux, il passe entre bien des mains : qui l’a commandé, qui l’a produit, qui le diffuse, qui le cautionne. Le lire sans se poser ces questions, c’est laisser ces mains décider pour vous de ce qu’il signifie.
le blog de Paul Bartali Depuis le 21 septembre, des lycéens bloquent leurs établissements avec des revendications matérielles multiples, réclamant un avenir décent dans un monde capitaliste en décrépitude. En moins de trois semaines, le bilan est lourd : plus de 7 000 gardes à vue, des yeux crevés, une main arrachée, et déjà beaucoup trop d’adultes qui parlent à leur place.
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Primaire PS : 80 000 voix et personne ne conteste
6 877 gardes à vue en quinze jours, un ministre qui confond Paty et Bernard, un parti sans recours.
En 2012, Jean-François Copé avait déposé un recours pour moins que ça, et l’UMP s’était déchirée pendant des semaines. Cette fois, Raphaël Glucksmann remporte la primaire du PS avec 66 % et 80 000 voix surgies du chapeau, et pas un responsable socialiste ne lève le petit doigt. Le silence est le fait du jour. Il en dit plus long que les communiqués de victoire.
Aucune ventilation détaillée du scrutin n’est publiée, ni d’où viennent ces voix ni qui les a apportées. Je tiens cette primaire pour une putain de blague, et l’accusation que je porte tient en un chiffre : une opération d’ingérence à 750 000 euros, dans une consultation où l’on comptait 140 000 votants. « Imaginez seulement si c’était une ingérence russe, la victoire de Raphaël Glucksmann. » Le vacarme serait assourdissant. Là, rien, parce que le bénéficiaire plaît aux plateaux. Ce que je reproche à Glucksmann, c’est de mener une OPA sur un parti qui n’a rien demandé, avec les millions du PS et un accès illimité aux médias, pour un agenda que je juge anti-français. Je tiens sa candidature pour une escroquerie politique : un ancien conseiller de Saakachvili, entouré de transfuges du macronisme, qu’on veut nous faire passer pour « la gauche ». C’est un homme de droite, et le « moment historique » qu’il invoque ressemble surtout à une promotion interne. Pendant ce temps, Mélenchon remplit le Zénith de Clermont-Ferrand, quand Gabriel Attal parle à douze personnes à Lyon.
▶ 0:00 — Primaire PS : d’où sortent ces 80 000 voix ?
▶ 1:01:20 — « Une immense responsabilité » : la charge
▶ 1:09:36 — La Marseillaise et « l’escroquerie »
▶ 2:05:31 — La primaire PS, « une blague »
Lycéens : 6 877 gardes à vue, dont 86 % de mineurs
Il fallait un coupable à la colère des lycées, et la presse a choisi un collégien venu avec un fusil de chasse. Le but est de mettre dans la tête du boomer que l’adolescent est armé et prêt à tirer sur le proviseur, et de faire oublier le budget et les revendications. Les chiffres disent autre chose. En quinze jours, 6 877 gardes à vue, 5 914 mineurs, 2 376 poursuites. Les témoignages que je relaie décrivent des cellules sans caméra, des jeunes empêchés d’aller aux toilettes, insultés, giflés, dissuadés de demander un avocat. Face à cela, le président de la conférence nationale des procureurs, Frédéric Chevalier, plaide la normalité. Sur France Info, un général de gendarmerie parle sans que personne ne rappelle le mort de Notre-Dame-des-Landes, ni les 24 enquêtes de l’IGPN, ni les jeunes mutilés. Le ministre de l’Éducation, lui, inverse Samuel Paty et Dominique Bernard, et ce manque de respect en dit long sur la Macronie. Reste Aubagne : le tir d’un adolescent tombe à point nommé pour détourner le débat des violences policières. Ces gamins sont les enfants des gilets jaunes, ils respirent l’amiante de leurs lycées et on leur promet un monde en miettes. On ne les matraque pas, on les écoute.
▶ 16:07 — Le ministre confond Paty et Bernard ; les lycéens ont peur
▶ 24:53 — 6 877 gardes à vue en 15 jours
▶ 33:19 — France Info face aux violences policières
▶ 2:11:14 — Aubagne récupéré
Dix ans de Macron : c’est toujours nous qui payons
David Amiel s’inquiète que 80 % de la hausse de la dépense publique soit allée aux retraités et à la santé plutôt qu’à la jeunesse. Le gouvernement, lui, ne demande aux retraités qu’un effort limité, puisque l’année est électorale. Yaël Braun-Pivet explique qu’elle préfère le 49.3 aux ordonnances ou à la loi spéciale : le budget passera au forceps, sans débat réel. Le FMI dresse le bilan, avec 0,4 % de croissance pour la France contre 1,1 % pour la zone euro. Nous avons perdu dix ans, et même régressé. Gabriel Attal critique le contrôle continu qu’il a lui-même instauré, et la baisse du gazole financée par les stocks stratégiques profitera surtout à Total. À la télévision, les mandarins viennent expliquer que ce n’est pas la faute de Macron, mais celle du Covid ou de l’Ukraine. Cette gérontocratie de plateau réclame des leaders responsables sans avoir jamais été responsable de rien. Les décisions ratées étaient bien celles du président, et la 2CV de Macron sur fond d’industrie en miettes complète le tableau.
▶ 50:33 — Budget : Amiel, Braun-Pivet et le 49.3
▶ 1:18:41 — Attal retourne sa veste, FMI : la France dernière en croissance
▶ 1:25:53 — Le ministre Sébastien Martin et la 2CV
▶ 1:37:42 — « Ce n’est pas la faute de Macron »
Ukraine : un jeu de dupes, et une facture pour l’État social
Poutine manipulerait Trump : voilà ce qu’on raconte aux enfants. Chacun manipule l’autre, et le « RussiaGate » sert à rejeter sur Moscou tous les échecs de l’Occident. Pendant ce temps, l’Europe continue d’acheter des hydrocarbures et du nucléaire russes. Zelensky exige qu’on achète son diesel plutôt que le russe, faute de quoi il menace raffineries et bateaux. Ce n’est pas un deal, c’est ce que j’appelle du chantage. Viktor Orbán dénonce un convoi transportant dollars et lingots d’or via la Hongrie, y voit le plus gros scandale de corruption européen et soupçonne la complicité de l’UE. Je rappelle qu’il a lui-même largement profité de l’argent européen, et son accusation vaut ce que valent ses mains propres. Tulsi Gabbard dénonce l’État profond qui sabote la paix. Une chose me paraît sûre : « Une guerre, ça se fabrique d’abord par la propagande, et ensuite il faut quand même une industrie. » Cette industrie, on la financera sur le dos de l’État social.
▶ 1:41:29 — Trump veut punir Zelensky
▶ 1:50:45 — Gabbard accuse l’État profond
▶ 1:54:44 — Zelensky, le diesel et les raffineries
▶ 1:58:19 — Ce qu’Orbán dénonce sur le convoi d’argent ukrainien
Une primaire sans contestation, des lycéens sans avocat, un budget sans débat : le fil rouge de cette journée est le silence organisé de ceux qui devraient crier. Il ne tient que tant qu’on s’en accommode.



