jeudi 5 février 2026

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Le Réboussier

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Les tensions s’exacerbent entre agriculteurs

« Des terres de la Safer servent à Atosca pour stocker des remblais ou garer ses engins, confirme le céréalier. Elles sont désormais incultes, inutilisables. Aucun agriculteur n’en voudra. On méprise nos terres, comme si une parcelle terrassée pouvait produire autant que celles qu’on nous a prises. » Contactée, la Safer ne conteste pas ces usages et assure que « les terres hors emprise retrouveront un usage agricole conformément aux engagements de toutes les parties ».

Ces dépassements d’emprise, qui concernent près de 88 hectares soit 20 % de la surface totale du chantier selon le collectif d’opposants La Voie est Libre, ont été partiellement sanctionnés par la justice pénale le 12 janvier dernier. Le juge des libertés et de la détention avait alors ordonné au concessionnaire de suspendre le chantier sur les 46 zones de dépassement.

Ces illégalités ne sont pas les seules causes du retard et des discordes liées à l’aménagement foncier dans la région. Sur le terrain, les tensions s’exacerbent entre agriculteurs. Si certains trouvent leur compte dans ces nouveaux aménagements, en regroupant certaines de leurs parcelles notamment, d’autres se sentent lésés. « Pour retrouver une exploitation équivalente à celle que j’avais, il faudrait prélever des terres chez mes voisins », explique Jean-Philippe Rouanet.

« Cela va laisser des traces indélébiles »

Des voisins qui tiennent également à leurs terres et sont parfois peu enclins à les échanger. « Les discussions entre nous ou avec le géomètre sont parfois très dures, interminables », reconnaît-il. « Atosca parle d’un chantier exemplaire, mais la réalité est tout autre. Ces aménagements fracturent les relations locales que l’on a tissées entre nous. Cela va laisser des traces indélébiles. Comme souvent, on méprise l’agriculture et c’est nous qui devons payer le prix fort. Atosca fait sa cuisine, mais cela va être à nous de faire la vaisselle », déplore le paysan.

« Aujourd’hui on ne peut pas se projeter dans l’avenir, on a aucune visibilité et c’est angoissant pour tout le monde », poursuit-il. Le céréalier conteste également les critères de classement des parcelles. « J’ai perdu des terres drainées et clôturées. Il serait normal d’en récupérer des équivalentes, sinon je vais perdre énormément d’argent dans cette histoire. »

Sous une pluie battante, il estime que « les acteurs du territoire ont manqué d’anticipation. Si la Chambre d’agriculture avait fait son travail, on n’en serait pas là ». Contactée, ni la préfecture ni la Chambre n’ont répondu à nos sollicitations.

Lors de la commission d’enquête parlementaire, Grégoire Moncharmont, de la Confédération paysanne du Tarn, alertait sur un autre risque : l’urbanisation induite par l’autoroute. « Zones industrielles, zones commerciales, rocades, déviations : autant d’artificialisations supplémentaires au détriment des terres agricoles », dénonçait-il.

De nouvelles artificialisations qui mèneront, là aussi, à des aménagements fonciers, et qui conduiront, selon l’éleveur, « à constituer des réserves foncières. Dans ces territoires marqués par de fortes pressions foncières sur les terres agricoles, mettre en réserve des terrains limitera les possibilités d’installation de nouveaux agriculteurs et risque de susciter des tensions sur les exploitations existantes, voire des conflits entre agriculteurs. »

Le long des 53 km entre Castres et Toulouse, ce scénario semble déjà à l’œuvre. De nombreux agriculteurs vivent aujourd’hui dans l’attente et l’inquiétude, dépossédés de leurs terres par un projet autoroutier qui continue de fracturer, en profondeur, l’écosystème agricole local."


https://reporterre.net/Le-long-du-trace-de-l-A69-des-agriculteurs-depossedes-et-un-territoire-fracture