27 août 2026
Bonjour ! Voici l’infolettre hebdomadaire de Reporterre. Tous les jeudis, retrouvez une sélection de nos articles les plus marquants de la semaine sur l’actualité de l’écologie.
Présidentielle 2027 : et soudain, l’écologie est partout
© Armand Gesquiere / Xose Bouzas / Hans Lucas / AFP / Julie Sebadelha / AFP✒️ L'éditoD'habitude, l'écologie, c'est un peu la dernière roue du carrosse dans les programmes électoraux. Souvent, chez Reporterre, on écrit des articles pour souligner que dans tel ou tel discours le sujet n'a même pas été évoqué…
Mais après un été caniculaire, la donne a changé, et l'écologie est désormais partout (ou presque) : de Jean-Luc Mélenchon (LFI) à Raphaël Glucksmann en passant par François Ruffin ou Fabien Roussel, tous ambitionnent de devenir « LE candidat de l’écologie » pour 2027.
Tandis que Jean-Luc Mélenchon promet la mise en place d'écorégions et la conscription écologique, Raphaël Glucksmann s'attire les soutiens de Yannick Jadot afin de théoriser un « état d'urgence écologique ».
Et Marine Tondelier dans tout ça ? Le parti au tournesol peut au moins se targuer de voir ses alertes sur le climat enfin prises au sérieux. Mais il peine à transformer la théorie en un modèle de société enviable : « Il ne suffit pas d’avoir eu raison si cela ne se traduit pas en actions concrètes qui changent la vie des gens », tacle une militante, favorable à une union avec les partis de gauche.
Mais ce ralliement autour de l'écologie suffira-t-il à apporter de nouvelles voix à gauche pour gagner en 2027 ? Rien n'est moins sûr, estiment des politologues. Car c'est une chose de prendre conscience du réchauffement climatique après un été brûlant. C'en est une autre d'adhérer aux transformations nécessaires pour le contrer. Mais, nous pouvons au moins espérer que l’écologie ne disparaisse pas des discours politiques sitôt l’été passé.📝 Le billetPar Laury-Anne Cholez, journaliste à Reporterre.
« Qu'est-ce vous voulez qu'on y fasse…» Combien de fois ai-je entendu cette triste phrase quand je parle des conséquences du réchauffement climatique autour de moi ? La dernière fois, c'était à Chamonix, quand j'ai demandé à une femme travaillant depuis trente ans au chalet du glacier des Bossons ce qu'elle ressentait face à la fonte de ce géant. Pourtant, pendant son enfance, elle a connu les séracs (blocs de glace massifs issus de glaciers) qui léchaient quasiment le bas de la vallée.
Sauf qu'aujourd'hui, les Bossons font triste mine, accusant un recul de 1,2 km depuis les années 1980. Cette femme n'est pas nostalgique. Aucune rage dans sa voix, juste un constat. Les glaciers fondent, c'est ainsi. Et d'ailleurs, est-ce si grave ? Elle ne semble pas consciente qu'au-delà de l'aspect esthétique, leur disparition peut avoir des conséquences dramatiques. Au Népal, par exemple, la crue dévastatrice a été déclenchée par l'effondrement d'un glacier. Nous pouvons encore agir pour limiter les dégâts en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète. Un mantra qu'il ne faut cesser de marteler, même à celles et ceux qui se sentent les moins concernés.✏️ Le dessin de la semaine
© Tommy / ReporterreSans vous, Reporterre n'existerait pasSoutenez Reporterre, même pour le prix d’un café ☕, cela ne prend que deux minutes. Merci 🙏Faire un don🐡 À lire aussiComment le réchauffement bouleverse la Méditerranée
Crabes bleus, poissons-ballon, « poissons mordeurs »... À cause du réchauffement climatique, des espèces marines exotiques s'installent en Méditerranée – qui se réchauffe à un rythme 20% supérieur à la moyenne mondiale. Problème : certaines de ces espèces entrent en concurrence avec des locales, et bouleversent durablement les écosystèmes, déjà sous pression. Sans compter les ravages sur la pêche locale : en Grèce par exemple, le poisson-ballon (toxique) prolifère et dévore tout sur son passage, y compris les filets des pêcheurs !
Face au chaos climatique, les vieilles forêts ont « plein de choses à nous apprendre »
Elles sont rares en France, ces forêts qui ont plus de 200 ans et qui ont été épargnées par les activités humaines. Les vieilles forêts couvrent seulement 50 000 hectares très fragmentés sur le territoire français. Pourtant, elles sont particulièrement résistantes au changement climatique : leur épaisse canopée permet de garder la fraîcheur et de limiter le risque d'incendie en empêchant les broussailles de pousser. Quant aux grandes quantités de bois mort, elles agissent comme des éponges et retiennent l'eau. « Si les vieilles forêts brûlent, c’est que tout aura brûlé », résume un spécialiste.🐬 La saga du MarinelandLes dauphins du Marineland d’Antibes n’iront finalement pas au zoo de Beauval, a annoncé le 25 août son directeur Rodolphe Delord. Depuis plus d’un an, le plus grand zoo de France planchait à la demande du gouvernement sur un projet de delphinarium ultramoderne : un lagon avec plusieurs bassins, incluant vagues et courants artificiels. Présenté comme un sanctuaire terrestre, ce site hors norme aurait pu accueillir 12 dauphins du Marineland et 11 du zoo aquatique Planète sauvage.
Premier obstacle : le coût de ce projet pharaonique, d’abord estimé à 25 millions d’euros, pourrait en réalité grimper à 45 millions d’euros. Après avoir déjà investi plus de 1 million d’euros dans les études préalables, le zoo a donc décidé de lâcher l’affaire.
Second obstacle : l’opposition de plusieurs associations de défense des animaux, parmi lesquelles One Voice et C’est Assez !, qui craignent que le zoo de Beauval ne laisse les dauphins se reproduire dans les bassins, augmentant ainsi le nombre d’animaux en captivité.
« Les incertitudes juridiques et financières qui pèsent aujourd’hui sur le projet ne nous permettent pas de le mener dans des conditions acceptables », a affirmé M. Delord à l’AFP.💌 Entre vous & nous🥳 Fête de l'Huma. Cette année encore, Reporterre sera présent à la Fête de l'Humanité, du vendredi 11 septembre au dimanche 13 septembre, sur le village des médias indépendants.
Nous y tiendrons un stand avec des livres (dont notre recueil de fictions, Lucioles), des fanzines, des cartes des luttes, des stickers… Vous pourrez venir nous rencontrer et discuter avec nous.
Nos journalistes participeront aussi à deux tables rondes :
Samedi 12/09 à 17h : Politiser l'écologie
Dimanche 13/09 à 12h : Lutter contre l'extrême droite en tant que média
On a hâte de vous y croiser !Par Scandola Graziani, journaliste à ReporterreVous aimez cette infolettre ? Partagez-la avec vos amis et votre entourage.
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Vers une nouvelle canicule en septembre ?
Après un été 2026 de tous les records, l’atmosphère réserve-t-elle une surprise étouffante ? Découvrez pourquoi septembre pourrait encore s’enflammer.
Alors que l’été 2026 est en passe d’être officiellement mesuré comme le plus chaud de l’histoire en France, une question préoccupe désormais l’ensemble des citoyens et des prévisionnistes : le calendrier de la rentrée signera-t-il le retour définitif du frais, ou devons-nous redouter un dernier coup de chaud dévastateur ?
Si l’été 2026 s’inscrit pleinement dans le contexte de l’accélération du réchauffement climatique global, la météo rappelle souvent que la rentrée ne marque pas une frontière étanche. Durant la première quinzaine de septembre, la dynamique atmosphérique permet fréquemment à des masses d’air très chaud de remonter sur le territoire. Pour le grand public, les écoliers, les professionnels de santé ou les travailleurs en extérieur, l’éventualité d’une poussée thermique tardive reste un sujet de préoccupation majeur.
Les tendances météorologiques actuelles pour les prochaines semaines maintiennent des températures globalement supérieures aux normales de saison sur l’Hexagone, plus particulièrement lors des semaines du 7 au 13 et du 14 au 20 septembre. En cas de configuration favorable, si un couloir durable se forme depuis la péninsule Ibérique ou l’Afrique du Nord, des pointes allant de 35 °C à 38 °C restent tout à fait envisagables, notamment dans la moitié sud et le Sud-Ouest du pays.
Le précédent marquant de septembre 2023 et les archives du climat
Pour comprendre ce qui pourrait advenir, il suffit de se replonger dans l’histoire récente. Entre le 4 et le 10 septembre 2023, la France avait traversé une vague de chaleur hors norme. Une anomalie thermique remarquable, située entre 6 et 8 °C au-dessus des normales de saison, avait étouffé le pays. Les 35 °C avaient été dépassés jusque dans le Nord et l’Ouest, tandis que Paris alignait plus de dix jours consécutifs à plus de 30 °C.
Face à cet événement exceptionnel, Météo-France, l’établissement public national chargé de la prévision météorologique et de l’alerte climatique, avait déclenché une vigilance orange canicule pour 14 départements. C’était une première absolue pour un mois de septembre depuis l’instauration de la procédure de vigilance.
L’année précédente, le 12 septembre 2022, le Sud-Ouest franchissait déjà la barre symbolique des 40 °C lors d’une remontée d’air saharien. Un pic extrême à 40,7 °C avait notamment été mesuré à Bégaar, commune rurale située dans le département des Landes.
Ces épisodes tardifs s’inscrivent d’ailleurs dans une perspective historique bien plus vaste. Déjà au XIXe siècle, le mois de septembre 1895 s’était imposé comme l’un des plus chauds et des plus secs jamais observés sur le territoire. Entre le 2 et le 9 septembre 1895, le mercure grimpait jusqu’à 37 °C à Auxerre, 36 °C à Rennes ou Limoges, 36,2 °C au parc de Paris-Montsouris, et 31 °C à Brest. Cet épisode s’accompagnait d’une sécheresse historique : aucune goutte de pluie n’était tombée à Paris du 14 août au 1er octobre, ni à Toulouse du 8 août au 29 septembre.
Que prévoient concrètement les modèles pour la rentrée ?
À très courte échéance, les scénarios envisagés pour les tout premiers jours du mois suggèrent des remontées d’air chaud bien trop brèves et trop localisées pour provoquer une véritable vague de chaleur durable à l’échelle nationale.
C’est davantage à partir de la deuxième semaine de septembre que la situation attire la vigilance. Les modèles esquissent la possibilité d’un flux d’air chaud plus affirmé. Cependant, les ingénieurs prévisionnistes appellent à la plus grande prudence : à cette distance temporelle, les calculs numériques et les projections atmosphériques sont susceptibles d’évoluer.
Il ne s’agit pas d’affirmer de manière catégorique qu’une canicule généralisée va paralyser le pays au moment où les réveils vont sonner. En revanche, l’analyse des données démontre que la saison estivale n’a pas encore dit son dernier mot et pourrait orchestrer une vive offensive tardive.







