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lundi 18 mai 2026
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L’ÉDITO
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Dans les États du Sud des États-Unis, l’offensive réactionnaire trumpiste
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Pour les Afro-Américains, le combat pour le droit de vote est une lutte ininterrompue. Il y a plus de soixante ans, le président Lyndon B. Johnson avait pourtant signé une loi historique interdisant les discriminations raciales en matière de droit de vote (« Voting Rights Act », 1965). Cette adoption était le fruit de la mobilisation des activistes depuis de nombreuses années, en dépit de l’intimidation, de la violence et des lynchages que ces militant·es subissaient dans le sud des États-Unis.
C’est dans les anciens États esclavagistes que persistaient l’oppression envers la communauté noire et l’absence d’une véritable représentation électorale en raison des lois Jim Crow adoptées au lendemain de la guerre de Sécession. Ces lois locales empêchaient l’exercice des droits constitutionnels des Afro-Américains acquis pourtant sur le champ de bataille. Défaits militairement, les sudistes avaient pris leur revanche sur le terrain légal, instituant un véritable apartheid. C’est à cette situation intolérable que la loi de 1965 avait mis fin.
Mais le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a ouvert la voie à une offensive suprémaciste blanche. Elle passe notamment par la remise en cause des avancées obtenues par le mouvement des droits civiques. Fin avril, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a remis en cause la section 2 du « Voting Rights Act » qui interdisait aux autorités locales d’imposer des lois électorales entraînant une discrimination envers une minorité.
La plus haute juridiction judiciaire états-unienne a jugé, à six voix pour et trois contre, que la carte électorale de la Louisiane pour 2024, qui prévoyait la création d'une deuxième circonscription électorale à majorité noire, constituait « un découpage électoral discriminatoire sur le plan racial et donc inconstitutionnel ». Un coup de tonnerre pour le camp progressiste, s’inscrivant dans la volonté du président Donald Trump de procéder à un redécoupage électoral dans les États républicains pour lui permettre de sauver son camp lors des élections de mi-mandat de novembre prochain.
« Il s’agit de l’une des décisions les plus importantes et les plus néfastes rendues par la Cour suprême au cours du siècle dernier, a déclaré Richard Hasen, spécialiste du droit électoral et directeur du projet « Safeguarding Democracy » à l’université de Californie à Los Angeles (Ucla), interrogé par la radio publique NPR. Ce qui reste de la loi sur les droits de vote n’est plus qu’une coquille vide de ce qu’elle était auparavant. »
Cette décision a en effet ouvert un boulevard pour les trumpistes désireux de restreindre le droit de vote des Afro-Américains, considéré plus favorable à leurs adversaires démocrates. Dans les États du Sud, cette remise en cause est vécue comme un affront pour les héritières et héritiers du mouvement des droits civiques.
Samedi 16 mai, une mobilisation nationale baptisée « All Roads Lead to the South » a été lancée depuis Selma et Montgomery, à l’occasion de la célébration des marches qui eurent lieu à Selma, dans l’Alabama, dans les années 1960. Des milliers de personnes se sont retrouvées pour dénoncer un retour aux lois Jim Crow.
Dans l’Alabama, après la décision de la Cour suprême, les autorités de l’État ont décidé de faire appel à la justice pour confirmer la suppression, dans le cadre d’un redécoupage électoral, d’un des deux districts à majorité noire.
« Nous assistons à un retour au régime Jim Crow. Et tous ceux qui s’inquiètent de cette évolution – comme tout le monde devrait le faire – feraient bien de se préparer à voter en novembre pour mettre fin à cette folie tant qu’il est encore temps », a déclaré Derrick Johnson, président national de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People, organisation américaine de défense des droits civiques).
D’autres États républicains sont déterminés à aller dans le même sens. Face à cette vague réactionnaire, plus de 275 organisations qui sont derrière « All Roads Lead to the South » ont appelé à poursuivre la mobilisation pendant tout l’été. Pas question de revenir en arrière, tel est le message.
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Choisi par Donald Trump, Kevin Warsh est attendu avant même de commencer son mandat : soit il s’impose en luttant contre l’inflation, soit il se conforme aux exigences du président. Mais ce débat mille fois ressassé sur les taux d’intérêt évite la vraie question : celle de l’intérêt général.
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In the Club Les lecteurs et lectrices prennent la parole
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