mardi 24 février 2026

Fwd: Semaine noire pour la République


Du RN aux groupuscules violents, Libé passe au crible l'extrême droite

Le 7 juin 1994, Sébastien Deyzieu, un jeune militant pétainiste de l'Œuvre française perd la vie, dans une course poursuite avec la police lors d'une manifestation interdite organisée pour protester contre les commémorations du 6 juin 1944. Toute la mouvance crie alors au martyre, le Front national (et Marine Le Pen, alors jeune avocate) s'associe aux skinheads des Jeunesses nationalistes révolutionnaires et aux militants néofascistes du GUD au sein du Comité du 9 mai, et tout ce monde défile à l'ombre des croix celtiques et des bras tendus, dans l'hostilité générale du reste de la classe politique et de la droite classique en particulier. A l'université Assas, le local de l'UNI est attaqué et une pile d'exemplaires du Figaro est brûlée sur le parvis. 

Trente ans plus tard, quand le militant lyonnais Quentin Deranque est tué lors d'un affrontement avec des antifascistes, le 14 février, le principal groupuscule violent de la ville, Audace Lyon, publie un communiqué pour fustiger notamment «la droite parlementaire et sioniste». L'extrême droite radicale n'a pas tant changé que ça. Le monde, si. Toute la semaine, le Figaro a repeint les groupuscules néofascistes en agneaux, à grand coups d'euphémismes et de fausses informations. Par exemple en racontant que «l'entourage de Quentin Deranque a choisi volontairement de ne pas laisser la main aux différents groupes (nationalistes, royalistes, identitaires...) qui forment à Lyon la mosaïque complexe de l'extrême droite», alors que la manifestation a été déclarée en préfecture par une militante anti-IVG mariée à Eliot Bertin, leader de Lyon Populaires, un groupuscule dissous, et que le service d'ordre était dirigé par Marc de Cacqueray, l'héritier du GUD. Ou en présentant le Bastion social, dissous pour son racisme et sa violence, comme «un groupuscule nationaliste tourné vers l'aide humanitaire». Les politiques ne sont pas en reste, au premier rang desquels l'inénarrable droite de Laurent Wauquiez qui a fait afficher sur le portrait du militant radical tué sur le siège du conseil régional. 

Face à d'aussi utiles idiots, le RN de Jordan Bardella a beau jeu de torpiller LFI, en lui refilant le mistigri de la diabolisation dont Mélenchon paraît lui-même tenté d'user. Mais le parti d'extrême droite connaît trop bien les siens pour ne pas, lui, perdre sa boussole. Interdiction a été faite à ses cadres d'aller se mêler au cortège lyonnais du 21 février, hérissé de bras tendus et d'insultes racistes et homophobes. Le panorama est un peu étourdissant. Il est temps de remettre les choses à plat. La première chose à faire est de lire Frontal.Texte copié par un(e) abonné(e) Libé, issu de la newsletter Frontal de Libération. 

L'équipe de Frontal

 

A Paris, place de la Sorbonne, le 15 février, au lendemain de la mort de Quentin Deranque. (Photo Serge Tenani. Hans Lucas. AFP)

L'ÉVÉNEMENT

Semaine noire pour la République

Des saluts nazis en plein cœur de Lyon dans un cortège encadré par des zélateurs du IIIe Reich, la candidate Les Républicains à Marseille qui se revendique de la devise du régime de Vichy et qui est soutenue par le CRIF local, et l'antifascisme repeint en véritable fascisme : bienvenue dans la France de février 2026.

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Stickers distribués lors du congrès de l'AfD en Allemagne, avec des graphismes inspirés des années 30 et le slogan «la remigration protège les femmes», en novembre 2025. (Photo Andreas Arnold. DPA. Abaca)

L'ENQUÊTE

«Pop nazisme» : quand le tabou de la référence au IIIe Reich tombe

Les allusions et citations du régime nazi ressurgissent dans le paysage médiatique et politique américain ou allemand. Une stratégie de banalisation assumée, où la transgression n'est plus une erreur mais un manifeste politique et un levier d'audience.

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Marc de Fleurian à Calais, le 6 février 2026. (Photo Hugo Clarence Janody. Hans Lucas pour Libération)

Municipales

«Il ne fait rien, il ne fait que des courriers» : le candidat RN à la mairie de Calais «s'incruste dans la vie des gens»

Marc de Fleurian, le député de la circonscription dans le Pas-de-Calais, est adepte des courriers tous azimuts, de félicitations pour une naissance, comme pour montrer du doigt les exilés.

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«Travail, famille, patrie» : à Marseille, la gauche réclame des «excuses» à la candidate de droite Martine Vassal

Enumérant ses «valeurs», Martine Vassal a repris les termes de la devise de Pétain lors d'un débat télévisé, jeudi soir. Une déclaration qui renvoie la candidate à ses ambiguïtés vis-à-vis du RN et abîme un peu plus sa campagne. 

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(Libération)

Municipales 2026 : «Libé» suit le RN à la carte

A l'approche des élections des 15 et 22 mars, Libé se mobilise pour couvrir la tentative d'implantation de l'extrême droite dans les communes. Retrouvez sur cette carte de France nos révélations, reportages, enquêtes et récits consacrés au RN et ses alliés en campagne.

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Lors du rassemblement à Lyon, en hommage à Quentin Deranque, le 21 février 2026. (Photo Stéphane Lagoutte. Myop pour Libération)

ÇA ARRIVE PRÈS DE CHEZ VOUS

«On va reprendre ce pays» : à Lyon, la marche en hommage à Quentin Deranque oscille entre saluts nazis et appels au calme

L'atmosphère tient de la veillée funèbre. Le casting, lui, raconte autre chose. Organisée par une militante anti-avortement mariée au chef de la mouvance radicale lyonnaise, encadrée notamment par le chef de file du GUD dissous, Marc de Cacqueray, et truffée de figures néonazies, la marche en hommage au militant nationaliste tué lors d'un affrontement avec des antifas, autorisée par le ministre de l'Intérieur, s'est physiquement déroulée dans le calme. Mais Libé était sur place et a entendu son lot de saillies racistes, homophobes, et d'appels à la violence. 

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A Lyon, les liens entre le collectif Némésis et activistes violents

«On peut être deux ou trois filles à tracter là où vous voulez les choper. Un peu pour faire l'appât» ; «dites moi si vous voulez que je passe devant eux ou quoi» : les observateurs de la mouvance connaissent les liens qui unissent les militantes du collectif identitaire Némésis et les figures masculines de la mouvance radicale. Dans une enquête parue lundi, l'Humanité apporte la preuve que les premières sont de mèche avec leurs copains à gros bras pour déclencher des affrontements violents avec les antifas. Du genre de celui qui a tragiquement abouti à la mort de Quentin Deranque. Le quotidien communiste a mis la main sur une boucle de messagerie cryptée dans laquelle la patronne lyonnaise du collectif se concerte avec Calixte Guy, le chef de file d'Audace Lyon, un groupuscule néofasciste. L'homme est un violent : il a été identifié comme ayant participé à l'attaque d'une projection d'un film de Costa-Gavras, en février 2025, et mis en cause par les enquêteurs pour avoir notamment donné des coups à la tête à un homme à terre. L'épisode n'a pas l'air d'avoir déclenché chez lui une volonté de changement de mode d'action : les messages échangés avec la militante de Némésis montrent comment Guy cherche à se servir des militantes pour tracter devant des facs et attirer ainsi des antifas pour ensuite «tout casser». Le 21 février, Audace Lyon était en première ligne du cortège en hommage à Deranque.

La culture à Béziers, «c'est le Puy du Fou permanent»

Messe géante à la feria, corrida, spectacles teintés de «roman national» : face aux lubies réactionnaires du maire d'extrême droite Robert Ménard, élus de gauche et artistes s'attèlent à faire vivre une «contre-culture» dans la ville héraultaise. 

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Des militants antiracistes exfiltrés par des policiers lors du premier meeting de campagne d'Eric Zemmour, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 5 décembre 2021. (Photo Denis Allard pour Libération)

À LA BARRE

Violences du GUD au meeting de Zemmour : Marc de Cacqueray-Valménier condamné en appel

Assurer le service d'ordre de la manifestation en hommage à Quentin Deranque le 21 février, deux jours après avoir été condamné en appel pour avoir tabassé à terre des militants de SOS Racisme, lors du meeting zemmourien de Villepinte, en décembre 2021 : semaine chargée pour Marc de Cacqueray, chef occulte du GUD. Le militant d'extrême droite a écopé le 19 février d'un an de prison dont six mois ferme.

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Le leader du parti d'extrême droite espagnol Vox, Santiago Abascal, au Parlement espagnol en février 2026. (Photo Violeta Santos Moura. Reuters)

EXTRÊME DROITE SANS FRONTIÈRES

En Espagne, une droite très poreuse face aux surenchères de l'extrême droite

En échange d'un soutien indispensable pour gouverner plusieurs régions, Vox veut imposer au Parti populaire ses thèses islamophobes, antiféministes et son négationnisme climatique. Un scénario néfaste qui pourrait se reproduire au niveau national, en 2027.

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La «liberté d'expression» selon Washington, une arme dirigée contre les démocraties européennes

Depuis des mois, l'administration Trump s'emploie à pilonner la régulation des réseaux sociaux. Le département d'Etat américain préparerait désormais un portail, Freedom.gov, pour permettre «aux citoyens d'Europe et d'ailleurs» de consulter des contenus illégaux dans leur pays. 

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A Marseille, près de 500 personnes et antifas ont manifesté contre Marine Le Pen venue soutenir le candidat RN Franck Allisio aux municipales, le 16 janvier 2026. (Photo Patrick Gherdoussi pour Libération)

LIGNES DE FRONT

Mark Bray : «Dans l'histoire, l'antifascisme est toujours venu en réaction à la violence fasciste»

Alors que le mouvement antifasciste est diabolisé après la mort de Quentin Deranque, l'historien américain, réfugié en Espagne, rappelle qu'il a toujours visé à empêcher l'extrême droite de répandre ses idées haineuses et racistes. Plus que jamais nécessaire, il n'a, en réponse à l'ICE, jamais été aussi fort aux Etats-Unis.

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«Ce sont eux qui me font me sentir en danger, pas les réfugiés» : les féministes britanniques ripostent contre l'extrême droite

Face aux manifestations anti-immigration qui se tiennent chaque week-end au Royaume-Uni, les féministes s'organisent pour contrer la rhétorique raciste d'une extrême droite qui prétend les protéger. A Manchester, pour le lancement de Women Against the Far Right, défiance et détermination étaient au programme. 

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Une newsletter hebdomadaire réalisée par le service politique de Libération

Frontal #131 par Dominique Albertini, Charlotte Belaïch, Maxime Macé, Nicolas Massol et Pierre Plottu, avec Caroline Delabroy, Juliette Démas, Solange de Fréminville, Julien Gester, Amaelle Guiton, Billie Letta, François Musseau, Adrien Naselli, Paul Quinio, Sébastien Tronche et Chez Pol

 
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