vendredi 6 février 2026

Fwd: Hadrien Mathoux : « LFI et le RN : vraiment "extrêmes" ? »



 Hadrien Mathoux : « LFI et le RN : vraiment "extrêmes" ? » "C'est un roi avec sa cour" : Alexandre Avril, poisson-pilote de l'extrême droite ?
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Hadrien Mathoux
 

Hadrien Mathoux

Directeur adjoint de la rédaction

 

 
LFI et le RN : vraiment « extrêmes » ?   

C'est l'arroseur arrosé : depuis que le ministère de l'Intérieur a publié son nuancier politique pour les élections municipales, la France insoumise est vent debout, furieuse d'être catégorisée comme étant « d'extrême gauche » aux côtés du NPA et de Lutte ouvrière. Voilà donc ceux qui ont renvoyé à « l'extrême droite » la quasi-intégralité du paysage politico-médiatique — du Parti socialiste au Rassemblement national en passant par les macronistes (et Marianne, bien sûr !) —pris à leur propre piège. 

Mais cessons de ricaner, et reconnaissons avec Jean-Luc Mélenchon et ses amis que ce brusque revirement de classification a de quoi interroger. En vertu de quels critères les fonctionnaires du ministère ont-ils décidé que LFI était passé de la « gauche » à « l'extrême gauche » ? Nul ne connaît les secrets de cette cuisine administrative, aux effets de sens évidents. Et la polémique a le mérite d'illustrer l'importance cruciale de l'étiquetage politique. 

Ceux qui ne cessent de se présenter comme dénués de toute idéologie — les « sans étiquette » et autres candidats du « centre » — ont d'ailleurs érigé en argument politique phare leur opposition « aux extrêmes ». L'extrémisme effraie, inspire le rejet. Renvoyer à l'extrême gauche, c'est attiser la peur du rouge, du désordre, de la subversion. Qualifier un parti ou une personnalité comme étant « d'extrême droite » est un enjeu central du débat politique français. Car cette place sur l'échiquier, personne ou presque ne la revendique. « L'extrême droite » charrie tout un imaginaire profondément déplaisant : celui de la Collaboration avec le nazisme, de Vichy, de la honte et de la trahison. 

La décision de classer le Rassemblement national à l'extrême droite est ainsi un marqueur fort. Estime-t-on que le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella s'inscrit dans ce sinistre héritage, comme c'était le cas des fondateurs du Front national en 1972 ? Chez les journalistes politiques, ce choix sémantique est scruté de près. La corporation médiatique est un clergé comme un autre, avec ses dogmes, ses hérésies, et bien sûr ses curés, qui surveillent attentivement leurs coreligionnaires suspects de rompre avec l'orthodoxie en vigueur. Quiconque n'utilisera pas « extrême droite » au sujet du RN sera dès lors suspecté de complaisance coupable, à l'égard d'un parti qu'il refuse, contre toute évidence, de considérer comme un péril fascistoïde. 

L'auteur de ces lignes n'utilise jamais le substantif « extrême » pour décrire LFI ou le RN. Il ne s'agit ni de sympathie ni de connivence, mais de respect envers l'intelligence du lecteur. Ni les insoumis ni les lepénistes ne revendiquent l'extrémisme ; ces deux partis se plient au jeu électoral et n'entretiennent pas, sauf procès d'intention, le projet de renverser la démocratie. Appeler LFI un mouvement de « gauche radicale », et le RN un « parti nationaliste », n'est pas une faveur qu'on leur accorde. C'est une description qui s'efforce de mettre à distance la subjectivité et les affects du journaliste, lequel n'a pas à plaquer des qualificatifs qu'il sait pertinemment être négatifs à la figure de ceux qui le lisent, dans le but d'orienter leur jugement. Laissons donc les accusations d'extrémisme aux militants… et au ministère de l'Intérieur.

 
 
 
Twitter @hadrienmathoux
 
 
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8 commentaires:

Anonyme a dit…

LE COUP DE PIED DE L'ÂNE...!

"En négociant pied à pied avec le gouvernement sur le budget, les socialistes ont « fait le choix difficile de quitter le confort des postures », défendait Olivier Faure fin janvier lors de ses voeux à la presse. L'argument n'a, semble-t-il, pas convaincu son camp, car les personnalités du PS quittent ce mois-ci le confort des bonnes grâces des électeurs de gauche.

Le premier secrétaire du parti à la rose, qui a lui-même mené les tractations avec Sébastien Lecornu, chute de 9 points, à 27 % d'image positive auprès des sympathisants de la gauche et des écologistes, dans le classement des personnalités Elabe pour « Les Echos ». Il n'avait jamais atteint un niveau aussi bas en 2025. Maigre lot de consolation, il gagne 4 points chez les macronistes (à 21 %), qui saluent sans doute son sens du compromis. Mis bout à bout, il perd 2 points auprès de l'ensemble des Français, avec 14 % d'image positive."
(…)


https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/sondage-exclusif-les-electeurs-de-gauche-sanctionnent-les-artisans-du-compromis-budgetaire-2214348

Patchap a dit…

QUAND LA RENAISSANCE À UN GOÛT DE FAISANDÉ...!

Renaissance s’oppose

"Dans cette affaire dite « Dauphine News », Alain Carignon, alors maire de Grenoble et ministre du gouvernement (RPR) d’Édouard Balladur, a été reconnu coupable d’avoir échangé l’attribution du service de l’eau de la ville iséroise à une filiale de la Lyonnaise des eaux contre une série de bénéfices personnels. On parle d’avantages estimés à 19 millions de francs, (4,7 millions d’euros), dont un appartement à Paris. Soit, « l’acte le plus grave qui puisse être reproché à un élu », avait alors estimé la cour d’appel de Lyon.

Trente ans, et d’autres condamnations plus tard (en 1999 pour « abus de biens sociaux et usage de faux », par exemple), force est de constater que ce CV n’a pas empêché le candidat investi par Renaissance et le MoDem, Pierre-Edouard Cardinal, de rallier sa candidature. Au grand dam de la direction nationale.

« Ce n’est pas une décision d’individualité, nous avons procédé à un vote de notre liste. Ce vote, à 90 %, a été en faveur de cette grande coalition contre Laurence Ruffin et le bilan de Piolle », a-t-il annoncé ce vendredi 6 février, soutenu, dans cette entreprise, par l’ancienne candidate macroniste Émilie Chalas. De quoi provoquer quelques remous au sein du parti présidentiel.

La députée Renaissance Camille Galliard-Minier a dénoncé cet alliage, au nom des « valeurs », avant d’être rejointe un peu plus tard par la direction du mouvement. Selon nos informations, le parti de Gabriel Attal va s’opposer publiquement à l’accord, et Émilie Chalas ne sera plus sa coordinatrice pour les municipales dans le département.

Reste, malgré ce stop, quelques brèches dans la promesse originelle du parti fondé en 2016 et qui prônait une « république exemplaire. » Souvenez-vous, quand Emmanuel Macron pointait « la persistance de manquements à la probité parmi des responsables politiques » comme « le principal danger pour notre démocratie. » Dix ans plus tard, son parti soutient notamment André Santini, 85 ans, à Issy-les-Moulineaux. Tant pis si le maire sortant, en place depuis 46 ans, est hospitalisé depuis octobre et surtout visé par deux plaintes pour agression sexuelle et harcèlement moral."


https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/aux-municipales-renaissance-s-allie-a-alain-carignon-politique-recordman-du-nombre-d-annees-passees-en-prison_260113.html

Anonyme a dit…

Dati : de l'inCulture au confessionnal !

« Ses accusations portent atteinte à la liberté de la presse. »

"L’accusation est particulièrement grave. Pour cause, si les affirmations de la ministre (déjà formulées, mais répétées ici sous serment) se vérifient, elles témoigneraient de pratiques totalement proscrites selon la déontologie journalistique.

C’est pourquoi l’association des journalistes de France Télévisions est montée au créneau ce samedi. « Nous le répétons, les journalistes du service public ne proposent jamais d’argent pour obtenir une information. Cela est contraire aux règles déontologiques auxquelles nous nous tenons en toutes circonstances », a dénoncé la SDJ, qui souligne que l’enquête intitulée Rachida Dati, la conquête à tout prix, diffusée mi-décembre, n’a pas été menée par « un tiers, ni un journaliste indépendant ».

Ces journalistes déplorent aussi : « lorsque la ministre dit soutenir le service public, ses accusations instillent le doute sur nos méthodes de travail, et portent atteinte à la liberté de la presse. »

Les responsables de l’émission Complément d’enquête doivent être à leur tour auditionnés par la Commission d’enquête portant sur l’audiovisuel public la semaine prochaine. Ils auront l’occasion de répondre plus amplement aux accusations de la ministre, laquelle nourrit une hostilité vivace à leur égard depuis l’automne dernier."


https://www.huffingtonpost.fr/medias/article/les-journalistes-de-france-tv-repondent-a-rachida-dati-apres-ses-accusations-contre-complement-d-enquete_260142.html

Anonyme a dit…

JORDI SOUS LES PROJOS...

La « dédiabolisation » du RN s’arrête à Bruxelles

"Cette réalité, diffusée en direct et dont tout le monde peut revoir les images, tranche violemment avec la communication déployée par Jordan Bardella en France. La veille encore, le président du Rassemblement national tentait de se forger une image respectable de « gaulliste » en prenant ses distances avec Donald Trump sur les plateaux de télévision. Une mise en scène qui en dit long sur le malaise provoqué par ses alliances encombrantes et qui ne doit tromper personne.

Les folies de l’administration de Donald Trump et les mouvements réactionnaires ont déjà leurs relais et leurs serviteurs à Bruxelles
La prétendue « dédiabolisation » du Rassemblement national ne résiste pas une seconde à l’examen de ses alliances européennes, réunies au sein du groupe des « Patriotes » que Jordan Bardella dirige. À Bruxelles, il est main dans la main avec le pire de l’internationale réactionnaire, des réseaux MAGA et des mouvances religieuses rétrogrades.

Face à cette offensive idéologique bien organisée et financée, la responsabilité des forces progressistes est immense. Cet événement doit tous nous alerter sur la réalité du danger qui nous menace. Après les élections européennes de juin 2024, le Parlement européen est devenu un champ de bataille : soit il reste un rempart pour les libertés, la démocratie et l’État de droit, soit il est détourné par ceux qui veulent détruire de l’intérieur les valeurs de l’Union européenne.

En bref, le ver est bel et bien dans le fruit et le fruit commence à pourrir."


https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/jordan-bardella-main-dans-la-main-avec-le-pire-de-l-internationale-reactionnaire-tribune_260121.html

Anonyme a dit…

À LA MATRAQUE...

"Plus de sept ans après les faits, le procès de l’une des affaires les plus emblématiques de la répression du mouvement des gilets jaunes s’ouvre au tribunal judiciaire de Paris lundi 9 février. Neuf policiers d’une compagnie républicaine de sécurité (CRS) doivent être jugés durant quatre jours pour des violences commises contre des manifestants qui avaient trouvé refuge dans un restaurant Burger King, près de la place de l’Etoile, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Renvoyés pour différentes infractions liées à ces violences, ils risquent jusqu’à sept ans de prison.

Le 1er décembre 2018, au cours d’une scène de près de trois minutes, ces agents rouent de coups de pied et de matraque une quinzaine de personnes. Un vidéaste en capte une partie depuis l’extérieur du restaurant. La diffusion de cette séquence et les plaintes de plusieurs manifestants lancent une laborieuse et minutieuse enquête pénale.

Libération publie des images inédites des faits, issues des caméras de vidéosurveillance et récupérées par la justice (voir la vidéo ci-dessous). Ces vidéos permettent d’observer l’ensemble des violences reprochées aux agents. Des messages radio échangés entre les policiers dans les instants qui précédent attestent aussi de l’état d’esprit belliqueux de la hiérarchie."
(…)


https://www.liberation.fr/societe/police-justice/gilets-jaunes-matraques-dans-un-burger-king-des-images-inedites-avant-un-proces-emblematique-20260207_HE2YBOXWA5CJVIPAAYSSKKMB5M/

Anonyme a dit…

Le ministre de la Vérité a parlé !...

Laurent Nuñez assume « totalement»

"Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella rejette d’ailleurs aussi régulièrement le terme d’« extrême droite ». Mais pour Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, La France insoumise « répond aux critères de ce qu’est l’extrême gauche » : « un parti violent, un parti anticapitaliste », a-t-il développé au « Grand Jury » RTL-M6-Public Sénat-Le Figaro, répétant que son parti n’était pas favorable à ces classements.

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a dit jeudi assumer « totalement » sa décision. « [A] La France insoumise, il y a un refus de la discussion parlementaire, des appels systématiques à la censure, on refuse d’aller voir le gouvernement pour des réunions de travail », a-t-il argué. « Certains cherchent à dédiaboliser l’extrême droite, transmettre le mistigri à la gauche radicale », a répondu Olivier Faure, dénonçant une volonté de « réintégrer dans l’arc républicain l’extrême droite pour mieux en exclure la gauche radicale »."


https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/08/lfi-classee-a-l-extreme-gauche-pour-les-municipales-oliver-faure-ne-trouve-pas-juste-la-decision-du-ministere-de-l-interieur_6665912_823448.html

Anonyme a dit…

LE SPECTRE DU HOLLANDISME FAIT SON RETOUR...!

"Tous les spectres n’ont pas forme humaine. A la fin de l’année 2025, ce sont quelques cases d’un tableur Excel qui sont revenues hanter le Parti socialiste (PS) : « FD13 – Prêt d’honneur, 92 865 euros, 01/07/1999 ». Ce prêt, accordé par la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône et non remboursé vingt-six ans plus tard, a refait surface à la faveur d’un contrôle du gendarme des financements politiques. Depuis trois ans, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), qui fait paraître mardi 10 février son analyse complète des comptes des partis, scrute cette ressource, car elle peut constituer, sous certaines conditions, un financement illicite des campagnes électorales."
(…)


https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/10/plus-de-vingt-ans-apres-l-ardoise-de-90-000-euros-laissee-par-un-baron-local-vise-par-la-justice-revient-hanter-le-parti-socialiste_6666091_3224.html

Anonyme a dit…

Quand l'autoritarisme guette...

« Nous sommes les seuls en Europe à utiliser le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour les élections législatives », écrivent-ils, plaidant pour une réforme « qui rendrait un grand service à la République ». « Le passage à un scrutin proportionnel » permettrait, selon eux, de « débloquer une mécanique politique manifestement grippée et redonnerait de la vitalité démocratique à notre société ». Ajoutant : « Dans une Vème République qui a doté l’exécutif de pouvoirs très étendus, il n’y aurait plus alors qu’un pas à franchir pour transformer notre démocratie en un régime autoritaire comme Donald Trump cherche à le faire actuellement aux États-Unis »."
(…)


https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/francois-hollande-elisabeth-borne-et-marc-fesneau-veulent-la-proportionnelle-le-gouvernement-dit-non_260153.html