Cher Edmond, La France est en état d’alerte écologique, et tout se passe comme s’il n’en était rien. Comme si les épisodes confirmant le changement climatique et la crise écologique globale étaient des inconvénients provisoires. Comme si le réchauffement cessait d’être un problème avec la pose de climatiseurs. Comme si l’air, l’eau, la terre, toute la biodiversité, n’avaient pas été empoisonnés en France contribuant ainsi globalement au changement climatique. La terre, l’air, l’eau, la santé : ces communs sont en crise sous l’effet de leur marchandisation généralisée. Nos sols sont pourris par les pesticides. La guerre de l’eau est déjà là, partout désormais elle est contaminée aux polluants éternels. Dans les villes, l’air est saturé de pollutions multiples. S’ensuit une épidémie de maladies d’origine politique : cancers, maladies chroniques, troubles neurologiques et reproductifs. Quant au foncier, il est livré à la spéculation laissant la rentabilité primer dans tous les aspects. Nous dépendons au quotidien d’une multiplicité de réseaux et d’infrastructures (d’eau, numériques, électriques, de mobilité, etc.). Mais ils existent sur la base d’une armature écologique vivante. Le capitalisme la détruit sans tenir compte du fait que tout s’effondre avec. Cela suffit. Devant l’approfondissement et la généralisation de la crise écologique, une cartographie nouvelle pour la décision politique est indispensable pour garantir l’action nécessaire et urgente. Nous soutenons donc la proposition de créer des éco-régions. L’élection présidentielle permet de faire ce choix clairement et démocratiquement. La création de telles éco-régions est une condition de base nécessaire pour l’adaptation de notre État à l’impératif écologique de notre siècle. |