À première vue, la décision semble concerner uniquement l’agriculture. Mais derrière ce décret présidentiel récemment signé par Donald Trump pour protéger la production du célèbre herbicide Roundup se cache en réalité un enjeu bien plus stratégique : l’approvisionnement de l’armée américaine en phosphore blanc, une substance utilisée dans certaines munitions. (…)
"Et c’est précisément ce lien qui explique l’intervention de l’administration Trump selon le New York Times. Ainsi si la production de glyphosate venait à s’arrêter aux États-Unis, le pays pourrait perdre à la fois un herbicide largement utilisé par les agriculteurs mais aussi sa principale source nationale de phosphore blanc pour l’armée. Or la production de Roundup est aujourd’hui fragilisée.
Depuis plusieurs années, Bayer fait face à des milliers de poursuites judiciaires liées au glyphosate. Le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé, a d’ailleurs classé cette substance comme « probablement cancérogène pour l’homme ».
Le groupe allemand a déjà versé des milliards de dollars d’indemnités pour régler certains litiges. Si ces pressions juridiques continuaient de s’intensifier, l’entreprise pourrait décider de réduire ou d’abandonner la production de Roundup dans le pays. Un scénario qui inquiète Washington, car il pourrait aussi entraîner la disparition de la seule source « locale » de phosphore blanc.
Le phosphore blanc est lui-même très controversé. Cette substance s’enflamme spontanément au contact de l’air et peut provoquer de graves brûlures, les particules continuant à brûler tant qu’elles restent exposées à l’oxygène.
Si son utilisation n’est pas interdite par le droit international, celle-ci devient illégale lorsqu’elle vise directement des civils ou qu’elle est utilisée dans des zones habitées."
"Pour Emmanuel Macron, qui entend jouer un rôle majeur sur la scène européenne, ce déplacement à Chypre permettra également de « souligner l’importance de garantir la liberté de navigation et la sécurité maritime de la mer rouge au détroit d’Ormuz, notamment grâce à l’opération maritime Aspides de l’Union européenne ». Un point névralgique, que l’Iran a décidé de bloquer afin d’empêcher l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, en réponse à l’offensive menée par les États-Unis et Israël. Ces perturbations ont de fortes conséquences sur le marché mondial, et affectent tous les pays sans distinction. Pour le président français, l’urgence est donc de rouvrir l’accès au détroit.
Autre mission à Chypre : « Coordonner nos efforts pour assurer la sécurité des ressortissants européens dans la région et accompagner les opérations de rapatriement ». Près de 400 000 Français résident ou sont actuellement de passage dans les différents pays affectés par l’embrasement du Moyen-Orient, et notamment au Liban, pays avec lequel il existe un réel lien culturel et linguistique. Vendredi, dans le sud du pays, une Force intérimaire des Nations unies (Finul) a été attaquée, suscitant la colère d’Emmanuel Macron et de plusieurs autres chefs d’État.
Une visite fortement symbolique donc, mais pas exempte de critiques. Dimanche, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a ainsi estimé que « quand il y a une crise mondiale, il est important d’être là où il faut ». « S’il y a un endroit où devrait être le président c’est au Palais de l’Élysée pour coordonner l’action », a reproché celui qui est resté célèbre pour s’être opposé, en 2003, à une intervention en Irak aux côtés des États-Unis. Dominique de Villepin dit craindre « un engrenage » et pointe le risque « d’une guerre qui s’étend davantage ». Des inquiétudes partagées par une bonne partie de la communauté internationale, auxquelles devrait répondre Emmanuel Macron à l’occasion de sa venue à Chypre ce lundi."
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À première vue, la décision semble concerner uniquement l’agriculture. Mais derrière ce décret présidentiel récemment signé par Donald Trump pour protéger la production du célèbre herbicide Roundup se cache en réalité un enjeu bien plus stratégique : l’approvisionnement de l’armée américaine en phosphore blanc, une substance utilisée dans certaines munitions.
(…)
"Et c’est précisément ce lien qui explique l’intervention de l’administration Trump selon le New York Times. Ainsi si la production de glyphosate venait à s’arrêter aux États-Unis, le pays pourrait perdre à la fois un herbicide largement utilisé par les agriculteurs mais aussi sa principale source nationale de phosphore blanc pour l’armée. Or la production de Roundup est aujourd’hui fragilisée.
Depuis plusieurs années, Bayer fait face à des milliers de poursuites judiciaires liées au glyphosate. Le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé, a d’ailleurs classé cette substance comme « probablement cancérogène pour l’homme ».
Le groupe allemand a déjà versé des milliards de dollars d’indemnités pour régler certains litiges. Si ces pressions juridiques continuaient de s’intensifier, l’entreprise pourrait décider de réduire ou d’abandonner la production de Roundup dans le pays. Un scénario qui inquiète Washington, car il pourrait aussi entraîner la disparition de la seule source « locale » de phosphore blanc.
Le phosphore blanc est lui-même très controversé. Cette substance s’enflamme spontanément au contact de l’air et peut provoquer de graves brûlures, les particules continuant à brûler tant qu’elles restent exposées à l’oxygène.
Si son utilisation n’est pas interdite par le droit international, celle-ci devient illégale lorsqu’elle vise directement des civils ou qu’elle est utilisée dans des zones habitées."
https://www.huffingtonpost.fr/international/article/pourquoi-ce-decret-presidentiel-de-trump-sur-ce-puissant-desherbant-concerne-aussi-une-arme-de-guerre_261236.html
Un déplacement critiqué par Villepin
"Pour Emmanuel Macron, qui entend jouer un rôle majeur sur la scène européenne, ce déplacement à Chypre permettra également de « souligner l’importance de garantir la liberté de navigation et la sécurité maritime de la mer rouge au détroit d’Ormuz, notamment grâce à l’opération maritime Aspides de l’Union européenne ». Un point névralgique, que l’Iran a décidé de bloquer afin d’empêcher l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, en réponse à l’offensive menée par les États-Unis et Israël. Ces perturbations ont de fortes conséquences sur le marché mondial, et affectent tous les pays sans distinction. Pour le président français, l’urgence est donc de rouvrir l’accès au détroit.
Autre mission à Chypre : « Coordonner nos efforts pour assurer la sécurité des ressortissants européens dans la région et accompagner les opérations de rapatriement ». Près de 400 000 Français résident ou sont actuellement de passage dans les différents pays affectés par l’embrasement du Moyen-Orient, et notamment au Liban, pays avec lequel il existe un réel lien culturel et linguistique. Vendredi, dans le sud du pays, une Force intérimaire des Nations unies (Finul) a été attaquée, suscitant la colère d’Emmanuel Macron et de plusieurs autres chefs d’État.
Une visite fortement symbolique donc, mais pas exempte de critiques. Dimanche, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a ainsi estimé que « quand il y a une crise mondiale, il est important d’être là où il faut ». « S’il y a un endroit où devrait être le président c’est au Palais de l’Élysée pour coordonner l’action », a reproché celui qui est resté célèbre pour s’être opposé, en 2003, à une intervention en Irak aux côtés des États-Unis. Dominique de Villepin dit craindre « un engrenage » et pointe le risque « d’une guerre qui s’étend davantage ». Des inquiétudes partagées par une bonne partie de la communauté internationale, auxquelles devrait répondre Emmanuel Macron à l’occasion de sa venue à Chypre ce lundi."
https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/en-pleine-guerre-au-moyen-orient-le-deplacement-d-emmanuel-macron-a-chypre-ne-doit-rien-au-hasard_261225.html
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