jeudi 29 janvier 2026

Fwd: Minneapolis, le tournant


jeudi 29 janvier 2026

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L'ÉDITO
Minneapolis, le tournant
Nous nous sommes posé la question à l'occasion de l'émission « À l'air libre », diffusée mardi 27 janvier. Le meurtre d'Alex Pretti samedi à Minneapolis par des agents de la police aux frontières, moins de trois semaines après celui de Renee Good dans la même ville, constitue-t-il un tournant ? Sans conteste, avons-nous répondu.

C'est le cas si l'on regarde du côté du régime trumpiste, tant il a montré sa volonté d'user de la violence pure et dure pour se débarrasser de celles et ceux qui osent s'opposer aux méthodes inhumaines et brutales de sa politique anti-immigration menée sous l'égide de son tout-puissant chef adjoint de cabinet, Stephen Miller. Comme l'a écrit la géographe Charlotte Recoquillon dans L'Humanité, Trump a fait de l'ICE, la police de l'immigration, « le bras armé d'un nationalisme blanc décomplexé ».

Mais c'est aussi le cas si l'on tourne son regard vers le camp de la résistance, de celles et ceux qui ont réactivé les liens et les réseaux nés des suites de l'assassinat de George Floyd en 2020. Un journaliste de The Atlantic les a suivi·es, décrivant la manière dont était préparée, lors de sessions d'entraînement, la riposte pacifique aux raids de l'ICE dans les quartiers, mais aussi les équipes de veille auprès des écoles pour faire en sorte que les enfants soient prévenu·es de l'arrivée des agents fédéraux… Pour ces bénévoles, il s'agit surtout de protéger, pas simplement de protester.

L'auteur de l'article, Robert F. Worth, parle d'« un Hiver américain » comme il y a eu « un Printemps arabe », car il a couvert ces révolutions il y a quinze ans. « Par moments, écrit-il, Minneapolis m'a rappelé ce que j'ai vu lors du Printemps arabe de 2011 : une série d'affrontements de rue entre manifestants et forces de l'ordre qui ont rapidement dégénéré en une lutte bien plus vaste contre l'autocratie. »

Alors, assiste-t-on à un tournant ? Oui, certainement. Donald Trump donne l'impression d'avoir reculé. Il s'est entretenu avec les responsables démocrates de l'État et de la ville, Tim Walz et Jacob Frey. Le responsable de la police aux frontières, Gregory Bovino, symbole de toutes les violences, a été renvoyé en Californie, remplacé par le « tsar des frontières » Tom Homan.

Sur Fox News mardi, à l'occasion d'une visite dans l'Iowa, Donald Trump a expliqué vouloir « apaiser un peu les tensions ». Mais comme l'a souligné Tim Walz, interrogé sur le site The Bulwark, « l'enjeu n'est pas le départ de Greg Bovino, mais l'adoption d'une politique sensée en matière de réforme de l'immigration et la fin des attaques du gouvernement fédéral contre l'État (du Minnesota) ». La prudence reste donc de mise, tout comme la résistance, et la lutte contre l'autocratie est loin d'être terminée à dix mois des élections de mi-mandat.
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Dans la ville du Minnesota ciblée par l'administration Trump, avec déjà deux morts à déplorer, des réseaux d'entraide rassemblent des personnes blanches et des Latinos, en règle ou non, particulièrement exposées à la violence de l'ICE.
Six ans après le mouvement « Defund the Police » à la suite de la mort de George Floyd, l'opposition à Donald Trump se divise sur l'attitude à adopter envers l'ICE, la police de l'immigration. Un vote clé sur son financement doit avoir lieu au Sénat d'ici à vendredi.
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La police de l'immigration, qui fait régner la terreur à Minneapolis, a plus que doublé ses effectifs depuis le retour du milliardaire à la Maison-Blanche. Étant l'une des agences fédérales les mieux dotées financièrement avec un budget de plus de 71 milliards d'euros, elle opère en toute impunité.
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L'exécution sommaire d'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, par les agents fédéraux de l'immigration et des douanes lors d'une manifestation à Minneapolis plonge les États-Unis dans un chaos électrique. Surtout que l'administration Trump continue de soutenir ses forces de l'ordre meurtrières.
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Après le meurtre à Minneapolis par un agent de la police de l'immigration de Renee Good début janvier, l'arrestation d'un enfant de 5 ans dans une ville proche provoque une nouvelle vague de colère et de protestations. Vendredi, des dizaines de milliers de personnes ont protesté lors d'une journée de grève.

Les effets en France
Le récit mortifère porté par l'administration Trump depuis que la police tue à Minneapolis gagne aussi du terrain en France. Il prend appui sur un fléau qui ronge la société et cogne chaque jour davantage contre son édifice démocratique, sur fond de crispations identitaires et d'ambitions ultrasécuritaires.
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La violence débridée de la police de l'immigration de Donald Trump suscite de vives critiques de la gauche française, qui fait le rapprochement avec les réformes visant à étendre l'immunité de la police en France. Il était temps.
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Célébrité de la tech états-unienne et soutien revendiqué de Donald Trump depuis 2016, le fondateur de Paypal et Palantir était convié le 26 janvier à discourir à huis clos par la philosophe ultraconservatrice Chantal Delsol. Un rassemblement a été organisé pour dénoncer sa venue.
Dimanche, sur CNews, l'ancien avocat devenu conseiller d'État appelait à organiser de « grandes rafles », façon Trump, contre les personnes en situation irrégulière sur le territoire français. Son institution a ouvert mardi une procédure pour non-respect de la déontologie.
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Un an de Trump 2
Attaquant de toutes parts l'opposition et les contre-pouvoirs, institutionnels, judiciaires ou médiatiques, l'administration Trump livre un assaut inédit contre un ordre constitutionnel vulnérable et déjà biaisé en faveur de l'oligarchie du pays.
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La pensée néoréactionnaire au pouvoir aux États-Unis se définit comme la face sombre des Lumières sur lesquelles « l'hémisphère occidental », que Trump veut vassaliser, s'est construit. Enrayer ce changement de paradigme, pour replacer l'égalité au centre, suppose de se réapproprier une philosophie qui ne fut pas qu'émancipatrice.
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Point de rencontre des élites mondiales pendant 50 ans pour promouvoir le néolibéralisme, le sommet économique mondial a été marqué cette année par une rupture majeure : Donald Trump se revendique comme le maître d'un capitalisme autoritaire, illibéral. Sans soulever la moindre protestation des dirigeants économiques américains.
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La lutte contre l'immigration menée par le président depuis son retour au pouvoir s'est encore accélérée après le meurtre, en novembre, d'une membre de la garde nationale par un jeune réfugié. En Arizona, un centre aide les Afghans pris dans les méandres administratifs.
L'anthropologue Catherine Hass, spécialiste des pensées de la guerre, analyse le moment guerrier contemporain. Elle revient également sur son dernier ouvrage, qui vise à « quitter les termes de la question israélo-palestinienne telle que formulée en France ».
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Groenland, l'hégémonie impériale
« Un cauchemar », une affaire de « paix et de guerre » : les prétentions de Donald Trump sur l'île arctique ont fait peur mais aussi provoqué un réflexe d'unité nationale. À Copenhague, la mise en pause de ses menaces rassure une population marquée par la tension de ces dernières semaines.

Symbolisées par un pasteur baptiste venu du Maryland, divisions politiques et influence des États-Unis traversent la petite ville du nord de l'île. Une minorité y espère un rapprochement avec Washington, tandis que la majorité reste attachée au Danemark.
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À force de flatteries, Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan, a noué une relation privilégiée avec Donald Trump. Son implication aurait contribué à faire baisser la tension sur le dossier du Groenland. Au prix d'un alignement total sur les vues du président des États-Unis.
Venu en Suisse pour un exercice d'autopromotion, un président états-unien, plein de suffisance et de fatuité, a fait la leçon à ses alliés européens et réaffirmé vouloir s'emparer de l'île arctique. S'il a écarté toute intervention militaire, il les a menacés de les mettre à terre économiquement.
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Le président états-unien assure qu'« il n'y a pas de retour en arrière possible » concernant sa volonté de s'emparer du Groenland et s'en prend désormais directement à Emmanuel Macron, qui a jugé son chantage aux droits de douane « inacceptable ».
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La confiance a disparu. En confirmant ses menaces sur le Groenland, le président états-unien ébranle un des piliers qui ont assuré la domination économique et financière américaine : les États-Unis ne sont plus considérés comme sûrs.

Gaza, un projet colonial
Le président états-unien a inauguré jeudi 22 janvier, en marge du forum de Davos, cette instance visant à concurrencer l'ONU, qui dépasse largement sa mission d'origine de superviser la fin de la guerre génocidaire contre la bande de Gaza. L'initiative suscite critiques et interrogations.
Donald Trump a dévoilé une partie des responsables associés à la complexe structure tripartite qui devrait présider aux destinées de l'enclave ces prochains mois. La France ne compte pas y participer « à ce stade », inquiète de la mise à l'écart des Nations unies.
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Le plan pour la paix célébré en octobre par les diplomates et dirigeants mondiaux ne tient guère ses promesses. La situation dans la bande de Gaza reste catastrophique. Entretien avec Diana Buttu, figure importante de la vie politique palestinienne.

La chronique de Maya Kandel
Historienne et chercheuse spécialiste des Etats-unis
 
Aux États-Unis, l'espace informationnel de 2026 n'a plus rien à voir avec celui de 2016 ni même de 2020. L'administration Trump a construit ses propres canaux de communication vers le public, attaque les médias traditionnels et sape toute capacité indépendante à documenter des faits.
 
Des figures conspirationnistes contribuent désormais à définir la politique des États-Unis. Mais le mauvais génie libéré par le trumpisme lui revient en pleine face, avec la montée de courants antisémites qui divisent ses propres troupes.
 
Publiée un mois après la stratégie nationale de sécurité, la stratégie de défense du Pentagone confirme une vision du monde dans laquelle les alliés des États-Unis sont davantage maltraités que leurs adversaires. Le Groenland est cité à plusieurs reprises.
On The Air

À Minneapolis, Trump et son administration s'adonnent à la terreur d'État. Mais la mobilisation locale, créative et inventive, montre que l'espoir subsiste. «À l'air libre», avec l'américaniste Sylvie Laurent, Katia Roux, d'Amnesty International France, et François Bougon, journaliste à Mediapart.

Lundi 19 janvier sur Twitch, le journaliste du pôle international de Mediapart a analysé la politique états-unienne à l'ère du rapport de force : ingérences, pétrole, sanctions, militarisation.

Lundi 26 janvier à 18 heures, Martine Orange décrypte en direct sur Twitch la politique économique de Trump, ses effets sur le pouvoir d'achat aux États-Unis et les tensions qu'elle provoque dans le monde.

In the Club  Les lecteurs et lectrices prennent la parole

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Hommage calligrammatique à la dernière victime de l'ICE, ce service de l'immigration fondé en 2003 par Bush Jr. et devenu milice raciste sous Trump. Son autrice, Amanda Gorman, est cette jeune poétesse noire qui, dans un halo d'espérance et d'apaisement, avait lancé un émouvant avertissement aux États-Unis lors de la cérémonie d'investiture de Joe Biden, en 2021.
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Les propos et agissements récents de Trump révèlent l'affaiblissement de l'ONU. Le Forum de Davos, où d'importants discours de chefs d'État ont été prononcés, n'est pas un forum démocratique, c'est un club de milliardaires : cela devrait bien plutôt être à l'ONU que de telles rencontres et de tels discours ont lieu.
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Avec le meurtre de Renée Goode, l'agence fédérale ICE est devenu un nom un peu plus connu en France. Mais si le meurtre de Renée Goode est l'expression la plus crue d'une violence institutionnalisée chez ICE, elle n'en est que la surface émergée.
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L'Amérique et la France sont les deux républiques emblématiques du monde occidental. Face au fascisme qui dévore la première, la seconde est-elle mieux armée? Rien n'est moins sûr.
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Avec le meurtre de Renée Goode, l'agence fédérale ICE est devenu un nom un peu plus connu en France. Mais si le meurtre de Renée Goode est l'expression la plus crue d'une violence institutionnalisée chez ICE, elle n'en est que la surface émergée.
Pris ensemble, les intentions du président américain au Groenland, Venezuela, en Iran, révèlent une même logique : expansionniste (revendiquer un territoire), unilatéraliste (substituer la coercition commerciale au compromis) et non démocratique dans ses effets, parce qu'il nie le droit des peuples concernés à disposer d'eux-mêmes. Le Groenland n'est pas une marchandise ; le Venezuela n'est pas un puits à réattribuer.
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