Ces pollutions qui nous hantent. Certaines coïncidences ne sont pas le fruit du hasard : des chiens qui meurent prématurément, des habitants qui développent des cancers de la thyroïde ou des problèmes de reins… Dans ce quartier d'Elkton, une ville de l'État du Maryland, aux États-Unis, les riverains d'une usine de fabrication de textiles Gore-Tex trouvent que leurs symptômes se ressemblent beaucoup. Et pour cause :
toutes et tous ont bu une eau contaminée aux PFAS (polluants éternels), avec des niveaux jusqu'à 200 fois supérieurs au seuil réglementaire. 4 000 d'entre eux ont déposé une plainte collective contre la fabrique de ces textiles déperlants.
De l'autre côté de l'Atlantique, nous ne sommes pas à l'abri. À La Rochelle, les habitants d'un quartier populaire
cherchent eux aussi la cause du mal qui les ronge : des cancers de la bouche, de l'œsophage, des poumons… «
Au service oncologie, ça entre et ça sort en permanence », raconte la femme d'un malade. Ceux-là ne vivent pas à côté d'une seule usine, mais de plusieurs sites Seveso, d'un port de commerce, de cuves d'hydrocarbures… Un cocktail de molécules toxiques dispersées jusqu'au palier de leurs portes et dans leurs potagers, qu'ils ont désormais l'interdiction de cultiver.
Comme si cela ne suffisait pas, un
autre scandale sanitaire vient d'éclater dans les Hauts-de-France, où 83 000 personnes ont bu une eau contaminée au fluopyram. Ce fongicide potentiellement cancérigène appartient lui aussi à la famille des PFAS. Trois affaires de pollution en une semaine, ça fait beaucoup, non ?
Cela dit quelque chose du monde dans lequel nous vivons. Un monde où le business prévaut souvent sur le principe de précaution, à tel point que nous assistons à une
contre-offensive médiatique sur les causes environnementales du cancer. Mais aussi, un monde où l'on assiste à une prise de conscience collective et citoyenne, comme l'ont prouvé les collectifs de riverains et associations écologistes que nous avons rencontrés dans nos reportages. Un monde où il reste de l'espoir, finalement.