Selon Midi Libre, la manifestation du 24 octobre à Montpellier a réuni environ 6 300 personnes selon la préfecture. La journée a été marquée par des tensions et plusieurs incidents, avec huit interpellations et deux CRS blessés.12
L'article souligne surtout la présence d'un groupe présenté par plusieurs
responsables politiques et par le ministre de l'Intérieur comme relevant de l'ultradroite. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements et des agressions visant certains manifestants. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a condamné ces agissements et annoncé vouloir saisir la justice afin que les faits soient examinés. 34
Dans son traitement de l'événement, Midi Libre replace ces faits dans un contexte national marqué par de nombreux heurts lors des manifestations du 24 octobre, avec près de 1 000 interpellations annoncées à l'échelle du pays. 12
En bref : l'article rapporte une mobilisation importante à Montpellier, mais met surtout en avant la controverse née de la présence d'individus présentés comme appartenant à l'ultradroite et soupçonnés d'avoir participé à des violences en marge du cortège.
Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal
La séance publique de vendredi a donné lieu à d’incessantes gesticulations du RN et à des prises de position mettant en lumière les contradictions d’un parti qui soi-disant se range du côté de l’ordre et la sécurité, mais refuse de voter pour des subventions pour la prévention et de la délinquance.
La séance du conseil municipal de Toulon s’est tenue ce vendredi 23 octobre. PHOTO T.T.
Le parfois sinistre comique-troupier de l’extrême droite toulonnaise s’est une nouvelle fois mis en scène sur les « planches » du conseil municipal, alternant gravité feinte et blagues de sale gosse provocateur qu’il revendique. Convoquant ses talents d’acteur de studio, Amaury Navarranne a lancé sa première charge contre la gauche qui, selon lui, n’aurait pas suffisamment condamné les violences survenues en marge de la manifestation du 17 octobre. Des propos outranciers et mensongers qui méritent réponse, même si le camp progressiste n’est hélas plus représenté dans cette assemblée.
Sans prévention
Un camp, ajoute-t-il, « toujours à même de donner de grandes leçons et parfois même à se retirer aux élections pour faire barrage », en parlant de « grande abjection»... Il interpelle ensuite directement la maire de Toulon, Josée Massi : « Il est une honte de continuer à faire semblant que le soutien de ces formations politiques, qui a été bénéfique pour vous...». Puis : « Je crois qu’aujourd’hui, il serait important de clarifier les positions, on ne peut pas se satisfaire du soutien de gens qui n’ont de mots suffisamment forts pour dénoncer l’inacceptable.»
Dénoncer l’inacceptable ? Comme lorsque ce même élu, qui s’élève au rang de défenseur de l’ordre et la sécurité, paradait aux côtés d’Yvan Benedetti lors de l’hommage rendu, le 28 août dernier à Toulon, au général félon et séditieux Raoul Salan, ancien chef de l’OAS, l’organisation clandestine qui tenta d’assassiner le général de Gaulle ? Pour mémoire, l’infréquentable Benedetti se déclarait, en 2011, « antisioniste, antisémite, anti-juif ».
Même si, comme lui a répondu la première magistrate, «le conseil municipal n’est pas une tribune politique», il est toujours bon de rappeler d’où on parle.
À l’occasion d’une délibération portant sur la demande de soutien financier au Département, au titre du Fonds d’initiative cantonale, d’un montant de 560 000 euros pour deux opérations de désimperméabilisation et de végétalisation des cours des groupes scolaires Brusquet et Jean-Aicard, le conseiller municipal frontiste a redemandé la parole, pour ne rien dire. Si ce n’est affirmer que « le conseil départemental n’est pas un tiroir-caisse». Mais aussi pour tenter de jeter quelque peu la suspicion en pointant que les établissements concernés, cette année, sont dans le canton de Josée Massi. L’occasion pour cette dernière d’énumérer les écoles ayant déjà bénéficié de ces investissements publics dans les autres cantons.
Lors du vote sur l’attribution de subventions à des associations intervenant dans le domaine, hautement stratégique, de la prévention de la délinquance, le RN s’est encore distingué en s’abstenant. Au prétexte dixit Amaury Navarranne que «[son] unité de mesure, c’est le nerf optique ».
De bien curieux stratèges qui prônent la sécurité tout en refusant d’agir en amont, avant même que l’ordre public ne soit troublé. À moins que ce ne soit finalement le chaos qu’ils recherchent.
ET AUSSI
Un Ravi de la crèche multirécidiviste
Le conseiller municipal d’opposition RN, Amaury Navarranne, est revenu comme chaque année, au mépris de la laïcité, demander l’installation d’une crèche dans le hall de la mairie. Il en a profité pour traiter l’ancien conseiller municipal communiste André De Ubeda, qui n’est plus dans l’assemblée pour lui répondre vertement lorsqu’il dérapait, d’« yatollah de la laïcardisation ». « Jésus l’aimait aussi, lui », ajoute-t-il pour faire rire l’auditoire.
Et la maire de lui répondre : « Comme chaque année, je vais vous dire qu’on sera toujours pour le respect de la laïcité. »
Logements sociaux
Le conseil municipal a approuvé une participation financière de la Ville de Toulon pour un montant de 165 000 euros à la société d’HLM 1 001 vies, qui réalise pour une opération de production de 11 logements sociaux au 90 boulevard Tessé en mode acquisition-réhabilitation.
« Dans l’attente de la signature du Contrat de Mixité Sociale 2026-2028, la Commune poursuit sa politique de soutien à la production de logements sociaux afin de répondre aux besoins du territoire en accompagnant financièrement les bailleurs sociaux porteurs de projets », a expliqué l’adjoint Serge Lhôtellier. Et de poursuivre : « Tous ces financements nous rapprochent chaque fois un peu plus de la sortie de la carence. »
Une leçon sur Napoléon
Quand on ne joue pas les pompiers pyromanes, les pitres de services ou les climatosceptiques, aux côtés des conseillers municipaux RN, on essaie coûte que coûte d’occuper le terrain de la prise de parole. Robin Cloedt s’est donc cru obligé de donner à l’auditoire un peu gêné un long cours sur Napoléon Bonaparte à l’occasion d’une prochaine exposition au Musée d’art de Toulon dédiée aux dessins réalisés pendant la campagne d’Égypte. Et d’appeler « à l’exaltation du génie français ».
"On se demande comment cela a pu se passer" : après le chaos du 17 octobre, y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Le fiasco monumental du maintien de l'ordre ce samedi 17 octobre donne un sentiment de vertige. Entre un président aux abonnés absents, un ministre de l'Intérieur aux abois et une hiérarchie défaillante, l'État semble démuni.
Les ministres de l'Éducation, Édouard Geffray, de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, lors de la réunion de crise interministérielle organisée à l'Élysée, le lendemain des mobilisations massives du 17 octobre. Ludovic Marin/AP/SIPA
Le fiasco monumental du maintien de l'ordre ce samedi 17 octobre donne un sentiment de vertige. Entre un président aux abonnés absents, un ministre de l'Intérieur aux abois et une hiérarchie défaillante, l'État semble démuni.
« Je suis responsable de tout ce qui se passe ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, visage fermé et cernes apparents, a pris les devants sur la matinale de France Inter, lundi 19 octobre, afin de s’expliquer sur les émeutes qui ont émaillé le pays. Sa démission, il jure l’avoir remise au président de la République, lequel l’a refusée. Comme une manière pour le ministre d’assumer pleinement cette fin de semaine faite de violence et de pillages. Face à la vive colère post-manifestations, le ministre a donc rétropédalé. Deux jours plus tôt, alors que les violences se poursuivaient, il martelait face caméra que le dispositif « n'était pas sous-dimensionné ». À rebours des remontées de terrain.
« Les flics étaient en sous-effectif. On parle de plus de 100 000 manifestants dans la capitale pour 10 000 forces de l’ordre… C’était couru d’avance ! », confie une source préfectorale hallucinée par la gestion de cette manifestation. Des policiers y vont également de leurs critiques : « La rue s’aguerrit : je n’ai jamais vu une violence et une intensité aussi forte. On s’attendait à la venue de l’ultragauche mêlée aux Gilets jaunes, pas du tout au déferlement de jeunes venus des quartiers. Ils étaient hors radar ».
Ahmed, 25 ans, a eu l’artère fémorale sectionnée par une grenade à Paris. Toujours hospitalisé, il a survécu presque par miracle. Des dizaines de manifestants pacifiques ont été grièvement blessés par la police samedi 17 octobre. « Mediapart » a recueilli les témoignages de plusieurs d’entre elles et eux.
Le candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle revient longuement, dans un entretien à « Mediapart », sur les mobilisations sociales qui traversent le pays. Il y voit un « moment fondateur », dont le pouvoir sortira forcément perdant s’il ne donne pas de débouché politique aux revendications.
Vendredi matin, un homme a tiré en rafales dans la rue, tuant une personne et en blessant au moins quatre, dont une enfant de 12 ans. Emmanuel Macron s’est rendu sur place dans la soirée.
Par Alexandre Berteau, Youmni Kezzouf, Vianey Lorin
Depuis les révélations de « Mediapart » sur les écrits antisémites de jeunesse de Jordan Bardella, les cadres du parti d’extrême droite sont embarqués dans le mensonge de leur président. À la veille de sa réélection annoncée à la tête du mouvement, certains en interne le considèrent tout de même en « sursis ».
Par Inès Bennacer, Pascale Pascariello, Ilyes Ramdani
« Mediapart » a rencontré trois jeunes hommes présents lors des débordements du 17 octobre, à Paris et à Marseille. Aucun ne regrette. Tous font part d’une forme de revanche, voire de vengeance, face aux inégalités sociales et aux violences policières qu’ils estiment subir au quotidien.
À Paris, Grenoble, Angers ou Charleville-Mézières, les élus locaux s’organisent pour que la mobilisation du samedi 24 puisse avoir lieu dans les meilleures conditions possibles. Partout, on craint un nouveau raté qui aurait des conséquences « déflagratoires ».
La préfecture du Rhône a décidé d’interdire les rassemblements et les manifestations dans un large périmètre de la ville le 24 octobre. Le cosecrétaire départemental de Solidaires Rhône dénonce une atteinte au droit de manifester, qui est le « symptôme du manque de lucidité du pouvoir sur ce qui est en train de se passer ».
Malgré les entraves massives au droit à manifester, malgré le déploiement du Raid et de la BRI, la convergence continue en vue du 24 octobre, même si les craintes sont réelles. L’ancien boxeur et Gilet jaune Christophe Dettinger a apporté son soutien aux jeunes, dont « V2 », l’initiateur du 17 octobre sur TikTok.
Après les manifestations du 17 octobre, les routes du sud de l’Italie sont bloquées par des routiers excédés par la hausse du prix de l’essence. La présidente du Conseil semble incapable de gérer une crise qui relève en grande partie de sa responsabilité et préfère le déni, jusqu’à la caricature.
Une partie de la population a pu rentrer au sud du Litani, bien que le cessez-le-feu n’en soit pas vraiment un. Mais les habitants de cette région rurale font face à un double désastre : ils n’ont pas accès à une partie de leurs terres, et beaucoup d’autres sont empoisonnées.
Vendredi matin, deux assaillants ont ouvert le feu sur des militaires à Hébron avant d’être abattus au cours d’une fusillade nourrie. En réaction, le premier ministre israélien a ordonné un « bouclage immédiat » de la ville d’Hébron et demandé à l’armée de se préparer à imposer un « bouclage total » de la Cisjordanie dans la journée.
Dimanche 25 octobre, des élections législatives se tiennent dans le pays balkanique. La Liste étudiante tente de forcer le cours de l’histoire, en chassant du pouvoir le régime autoritaire et corrompu d’Aleksandar Vučić. La campagne s’achève dans l’enthousiasme, malgré la crainte de provocations.
Après deux ans de mobilisation étudiante, le président serbe a démissionné pour provoquer des élections anticipées. Rencontre avec la militante écologiste Daniela Stojković Jovanović, engagée pour la préservation du Danube et harcelée par le pouvoir.
Dans le quartier de La Boucan, à Sainte-Rose, la mobilisation depuis début octobre d’un collectif appelé « Nou las palé » met en lumière la recomposition dans l’archipel de Guadeloupe des dynamiques de mobilisation sociale, composées de revendications et d’acteurs hétéroclites, mêlant syndicalistes, patrons ou militants parfois réactionnaires.
Mobilisées depuis plus d’un mois, les femmes de chambre de l’Imperator, hôtel cinq étoiles de Nîmes, réclament une revalorisation salariale et de meilleures conditions de travail. Ces dernières semaines, le groupe propriétaire, Centaurus, a illégalement dépêché des cadres du siège pour assurer l’intérim, au mépris du Code du travail.
« Droit de corrompre » : c’est le titre de l’ouvrage que la responsable de la principale association anticorruption française publie vendredi 23 octobre. Dans un entretien à « Mediapart », elle s’inquiète du fait que « la corruption n’est plus quelque chose dont il faudrait avoir honte » en France.
Pour remplir son objectif de contrôler 1,5 million de personnes, France Travail mise sur l’intelligence artificielle. Des documents internes et des témoignages recueillis par « Mediapart » révèlent l’ampleur de ces projets, les failles de ces outils et l’opacité dans laquelle ils avancent.
Après avoir relevé plusieurs manquements environnementaux sur le chantier de l’autoroute qui doit relier Thonon-les-Bains à Machilly, la procureure d’Annecy demande l’arrêt des travaux jusqu’à leur mise en conformité. La décision est attendue mardi 27 octobre.
Le milliardaire Olivier Bouygues a été condamné vendredi 23 octobre à deux ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel d’Orléans pour destruction d’espèces d’oiseaux protégées sur son domaine de chasse en Sologne.
Nous vous écrivons depuis une prison d’Île-de-France dont nous ne vous communiquerons pas le nom. Nous avons été accusés à tort ou à raison d’avoir pillé, d’avoir commis des violences contre les forces de l’ordre, de nous être attroupés illégalement, d’avoir dissimulé nos visages. Nous sommes le peuple qui s’est soulevé. Le peuple qui souffre et qui désormais se bat pour ne plus souffrir.
J'ai assisté à la manifestation du 17 octobre ainsi qu'à la comparution immédiate d'un jeune. J'ai décidé de relater ici les événements, tels que je les ai vus et perçus. À la veille d'une nouvelle manifestation ce 24 octobre, mon billet est là pour susciter des interrogations légitimes autant sur le maintien de l'ordre, sur les réponses gouvernementales apportées et sur la justice qui est rendue.
Les années 2000 avaient institué en Europe un gouvernement par l’inquiétude et la peur. Or on n’en est plus exactement là actuellement. On est passé à un mode de gouvernementalité de la sidération engendrée par la production du chaos.
À 9h15 le 22 octobre 2026, une quinzaine de gendarmes dont des membres du PSIG se sont rendus au domicile d’Osmose, une amie et activiste. Osmose a été emmenée au poste pour « incitation au crime » (le fameux crime de dédramatiser la casse des vitrines du grand capital) suite à un post Instagram publié la veille. Les pratiques abusives et les mesures liberticides ont pour but de nous paralyser.
« Écoutez-moi, collègues. Je ne veux pas parler de procédures ni de maintien de l’ordre, mais de ce que nous sommes et refusons de devenir. Nous avons choisi ce métier pour protéger, servir et rendre justice. Alors posons-nous cette question : protégeons-nous encore la République ou ceux qui la gouvernent ? ». Un policier désemparé interpelle ses collègues : « ne laissons ni les violences confisquer la parole des citoyens, ni la peur servir de prétexte à des restrictions disproportionnées. »
À deux jours des manifestations du 24 octobre, des personnalités du monde associatif, syndical, artistique et universitaire signent une tribune initiée par Attac afin d'apporter leur soutien aux mobilisations en cours et de dénoncer le franchissement d'un nouveau seuil dans l'autoritarisme du pouvoir, marqué par une remise en cause sans précédent des libertés démocratiques.
Nous publions un document prouvant que France Travail développe un outil d’IA générative, de type ChatGPT, pour le contrôle des plus de 6 millions de personnes inscrites. Devant les risques que fait peser le déploiement d’IA génératives à des fins de contrôle social, et alors que ce projet fait figure de pilote à l’échelle nationale, nous appelons à son retrait immédiat.
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