1ᵉʳ octobre 2026Bonjour ! Voici l’infolettre hebdomadaire de Reporterre. Tous les jeudis, retrouvez une sélection de nos articles les plus marquants de la semaine sur l’actualité de l’écologie.
© Dimitar Dilkoff / AFP✒️ L’édito«Pari réussi !» Plus de 130 000 personnes ont défilé partout en France, samedi, pour le grand retour des marches climat. À Fontainebleau comme à Bordeaux, les incendies historiques étaient dans toutes les bouches. «C’est la première fois que je m’engage, nous a dit Estelle. Clairement, ça a été le point de bascule.»
Le besoin de descendre dans la rue crier sa colère semble plus viscéral que jamais, au lendemain de cet été de désolation. Dimanche, des dizaines de pompiers ont érigé un camp au pied de la Tour Eiffel. Leur banderole dénonçait les morts au feu, les suicides et les cancers à répétition : «Marre de porter des cercueils.»
Les lycéens, eux aussi, manifestent leur ras-le-bol. Mardi, en Seine-Saint-Denis, les élèves dénonçaient les inégalités de traitement face aux salles de cours irrespirables : «Chaque année, l’Éducation nationale fait mine de découvrir le réchauffement climatique.»
Le même jour, les salariés des énergies renouvelables déploraient eux une vingtaine de plans sociaux en cours dans le secteur. Une répercussion directe de la réduction délibérée de toutes les aides publiques à l’éolien et au solaire.
Et ce n’est pas fini ! Le 3 octobre, des milliers de manifestants sont attendus dans l’Eure, près d’une usine Syngenta – n°1 mondial des pesticides. Objectif : « Dénoncer les ravages de l’agrochimie. » Paysans et malades avanceront main dans la main, à l’appel du collectif Cancer Colère, des Soulèvements de la Terre ou encore de la Confédération paysanne. Une journée à suivre sur Reporterre.🗳️ PolitiquePercée du RN, arrivée de LFI… Les sénatoriales donnent le ton pour 2027
C’est une première pour l’extrême droite. Le Rassemblement national, allié à l'Union des droites pour la République d’Éric Ciotti, a obtenu un groupe au Sénat à l’issue des élections du 27 septembre. Si La France insoumise entre également au palais du Luxembourg, la droite conserve malgré tout sa large majorité – comme c’est le cas depuis 2014. Elle et l’extrême droite auront désormais encore plus de poids pour attaquer les normes environnementales, à l’image de la loi Duplomb.
«Open bar» anti-écolo : le basculement réactionnaire du Sénat
Il était déjà bien à droite, il flirte désormais avec le trumpisme. Depuis deux ans, le Sénat multiplie les offensives contre l'écologie et la science, tout en refusant le débat avec l'opposition. À l'occasion des élections, Reporterre est revenu sur les reculs environnementaux impulsés par les sénateurs. Loi Duplomb, loi d'urgence agricole, tentatives de relance des hydrocarbures en outre-mer ou encore défense coûte que coûte de l'A69... La liste donne le vertige.🛣️ Autoroute A412Malgré l’avancée des travaux, la lutte contre l’A412 se poursuit
Près d’un mois après le début du chantier, le déboisement du tracé avance à toute vitesse. Ce projet d’autoroute payante, opéré par une filiale d’Eiffage, doit relier Thonon-les-Bains à Machilly, en Haute-Savoie. Mais les activistes écologistes n’entendent pas baisser les bras si facilement. Chaque matin, quelques-uns d’entre eux se réunissent et tentent de déjouer les contrôles des gendarmes, présents tous les jours sur le site. Une douzaine de militants ont déjà été interpellés depuis le début des travaux. Parmi eux, le désormais célèbre activiste Thomas Brail, qui s’était illustré sur la lutte contre l'A69 près de Toulouse, en menant une grève de la faim et de la soif.
Les producteurs de reblochon menacés d'expropriation
«En une demi-journée, ils ont tout coupé. Je ne reconnais plus rien.» Le projet A412 frappe aussi paysans et producteurs de reblochon savoyard. Son tracé touche 33 fermes dont 27 de production laitière. «Ce sont chaque année plus de 100 000 reblochons qui ne pourront plus être fabriqués», déplore Jérôme Dethes, porte-parole local de la Confédération paysanne. Reporterre est parti à la rencontre de ces éleveurs expropriés, parfois installés depuis sept générations et aujourd’hui plongés dans l’incertitude totale : «Et si on doit partir, on ira où ?»Sans vous, Reporterre n'existerait pasSoutenez Reporterre, même pour le prix d’un café ☕, cela ne prend que 2 minutes. Merci 🙏Faire un don☢️ NucléaireÀ quel point êtes-vous exposé à la radioactivité ?
Que vous soyez adepte de voyages en avion, habitante d'une vieille ferme en granit dans la Creuse, accro aux crevettes, fumeur invétéré ou obligé de multiplier les radios après une fracture... Vous recevez chaque jour une dose de radioactivité. L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a développé un questionnaire en ligne pour évaluer celle-ci.
L'EPR de Flamanville à l'arrêt pendant un an pour cause de maintenance
Le dernier-né des réacteurs nucléaires français est au repos forcé. Moins de deux ans après sa mise en service, après douze ans de retard et 20 milliards d'euros de surcoûts, il va subir un examen approfondi durant près d'un an. Cet arrêt, prévu par la règlementation, n'a rien d'anormal. Ce qui l'est davantage, c'est le couvercle de la cuve qui est défectueux et doit être remplacé.🔍 L'enquêteL’État garantit des milliards d’euros pour des projets climaticides
Alors que la France prétend aligner ses financements publics sur ses engagements climatiques, l'État continue de garantir des milliards d'euros de financements destinés à... des paquebots au fioul, des avions au kérosène et même des jets privés. Reporterre s'est plongé dans les comptes de la banque publique d'investissement Bpifrance, qui agit «au nom, pour le compte et sous le contrôle de l’État», et dévoile dans cette enquête l'empreinte climatique de son portefeuille.💌 Entre vous & nousInformer sans bousiller la planète. À Reporterre, on essaie autant que possible de réduire le bilan carbone de la rédaction, y compris pour nos reportages lointains. En début de semaine, notre journaliste Hortense Chauvin a fait cap vers le sud de l’Espagne, pour une enquête à venir sur la pêche en Méditerranée. Plutôt que d’y aller en avion, ce qui aurait pris quatre heures, elle s’y est rendue en train, en deux jours, via Barcelone, Madrid et Grenade.
Mais le jeu en vaut la chandelle ! La route était magnifique, la lenteur lui a permis de mieux appréhender les lieux, et travailler dans le train est aujourd’hui bien plus facile qu’autrefois. Bilan du déplacement ? Seulement 10kg d’équivalent CO2 émis pour cet aller-retour par le rail… contre plus de 700kg par les airs. Le tout, pour un coût financier équivalent, grâce au pass Interrail.Par Emmanuel Clévenot, journaliste à ReporterreVous aimez cette infolettre ? Partagez-la avec vos amis et votre entourage.
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