Madame, Monsieur,
veuillez trouver ci-dessous un communiqué à la suite des annonces d'interpellations et de dissolution de groupes neo-nazi. Cordialement, Giovanni I FRANCESCO, secrétaire de la section alésienne du PCF
Communiqué Trois Interpellations dans l'agression violente contre le Prolé & dissolution en vue de deux groupes néo-nazis
Nous avons appris ce matin l'interpellation de trois militants d'extrême-droite fortement suspectés d'être auteurs de l'agression du Prolé d'Alès lors de la Féria 2025. Pour rappel, de nombreux militants communistes et amis du Prolé venus faire la fête avaient été victimes de cette violente attaque dont un militant gravement atteint nécessitant une admission aux urgences hospitalières. Ces assaillants avaient alors été identifiés comme étant membres du groupuscule néo-nazi "Bloc Montpelliérain". La section PCF d'Alès accueille avec optimisme ces gardes à vue et cette annonce de dissolution et espère vivement que l'enquête permettra d'identifier d'autres acteurs de cette ignoble attaque. Les agresseurs étaient une dizaine. Avec ces interpellations, nous nous réjouissons de l'annonce de dissolution du Bloc Montpelliérain que nous réclamions comme l'ont fait des sénateurs et députés parmi lesquels André Chassaigne et Pierre Ouzoulias.
Ces gardes à vue, tout comme la dissolution du Bloc Montpelliérain, constituent un premier pas vers la justice et la réparation pour les victimes. Elles sont également des points d'appui dans la lutte contre l'extrême-droite et ses idées obscurantistes, combat qui constitue l'ADN du Parti Communiste Français. Rappelons que le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme sont un délit et non une opinion. La banalisation dont bénéficie l'extrême-droite est un grand danger pour la démocratie et la République elle-même. Elle favorise l'émergence de ces groupes néo-nazis dont la violence vise à nourrir une spirale de violence, créer le chaos, mettre à genoux. L'exemple d'hier à Tours d'une nouvelle agression d'un groupe d'extrême droite contre des jeunes communistes en témoigne. Ce sont ses idées nauséabondes qu'il faut combattre en apportant notamment des réponses aux exigences sociales. Nous nous y employons et invitons tous les républicains du pays à s'en emparer.
Le 24.02.2026 à Alès Section PCF Alès |
9 commentaires:
Trois personnes en garde à vue à Montpellier
"Après cette violente attaque, le parquet d'Alès avait ouvert une enquête pour "violence aggravée en réunion avec préméditation".
Le dossier, qui semblait au point mort depuis des mois, connaît aujourd'hui un rebondissement avec l'arrestation de trois hommes, originaires des Cévennes et soupçonnés d'avoir été parmi les assaillants. Ils sont en garde à vue à Montpellier, entendus par la police.
Soulagement du côté des victimes
"Les victimes sont soulagées. De voir la police qui interpelle les auteurs de faits violents et instruit les dossiers, c'est rassurant. La revendication indirecte des faits par le Bloc montpelliérain, groupuscule d'extrême droite violent, les avait choqués."
Sophie Mazas, avocate de plusieurs victimes de l'attaque du Prolé à Alès.
France 3 Occitanie
Et l'avocate de plusieurs plaignants ajoute : "Il y a quelque temps, nous ne voyions pas le dossier avancer. En revanche, les victimes croisaient dans Alès les personnes qu'elles avaient identifiées comme leurs agresseurs. Le fait de pouvoir les croiser sans que rien ne se fasse, c'était extrêmement angoissant pour les victimes. Là, il devrait y avoir des suites et un procès".
"On ne peut que se satisfaire de ces avancées, avec l'espoir de mettre hors d'état de nuire ces groupes racistes et antisémites qui déferlent de plus en plus impunément partout en France et ici à Alès" a déclaré Giovanni Di Francesco, le secrétaire du Parti communiste alésien à nos confrères d'ICI Gard Lozère."
https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gard/ales/ces-arrestations-c-est-rassurant-trois-militants-d-ultra-droite-interpelles-ils-sont-accuses-d-avoir-organise-une-rixe-dans-un-bar-lors-d-une-feria-3304719.html
Les trois hommes reconnus par des témoins à cause de "tatouages nazis"
"Ils "contestent leur participation aux faits de violence dans le bar Le Prolé. Ils contestent aussi le fait d'appartenir au Bloc Montpelliérain", a expliqué le procureur d'Alès, qui décidera mercredi à l'issue de leur garde à vue s'il y a lieu de les poursuivre pour violences aggravées.
Selon plusieurs témoins, les militants du Bloc montpelliérain avaient réfuté, via le compte instagram du groupuscule, avoir participé aux actions à Alès. Des personnes présentes ont en revanche affirmé avoir reconnu des membres grâce à leurs "tatouages nazis".
Le communiste Fabien Roussel avait dénoncé une forme de "complaisance", de la part de François Bayrou lorsqu'il était ministre, pendant les faits à Alès en mai 2025. ""Il faut dissoudre ces groupuscules. C'est une idéologie qui est condamnée dans notre pays, qui est interdite depuis 1945", avait-il sommé. "
https://mesinfos.fr/occitanie/montpellier-trois-membres-de-l-ultradroite-epingle-par-le-justice-240756.html
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De Sumène à St Julien de la Nef...
Dans le même chaudron
"Essentiellement implanté dans le Gard et l’Hérault, ce groupuscule présente un poids électoral très limité : au premier tour des régionales de 2010, Richard Roudier a obtenu 0,68 % des suffrages. Aux cantonales de 2011, à Montpellier, Olivier Roudier se hissait à 1,98 %. Aux législatives de juin 2012, dans le Gard, père et fils parvenaient respectivement à 0,54 % et 0,27 %… Présents symboliquement au côté de Jean-Marie Le Pen lors du lancement des Comités Jeanne, il y a tout juste un an à Palavas-les-Flots, ils n’avaient pas présenté de candidats aux dernières législatives.
Pourtant, la Ligue du Midi fait toujours parler d’elle. Car au-delà des urnes, elle s’est construite sur un clan - celui, bien sûr, des Roudier. Leur QG, depuis vingt-cinq ans, abrite aussi le siège social de la Ligue : c’est le «château d’Isis», à Saint-Julien-de-la-Nef, un village gardois de 130 habitants situé à la frontière de l’Hérault. Dans cette vaste bâtisse, les Roudier faisaient chambres et table d’hôtes, vendaient fruits, légumes et confitures.
Lucas Faidherbe, maire écologiste de Saint-Julien-de-la-Nef depuis 2001, balaie d'un revers de main cette image bucolique. «Des incidents liés aux Roudier, il y en a eu pas mal dans le coin. Le père m'a plusieurs fois insulté, mais il est vrai qu'il a insulté un peu tout le monde ici. Les Roudier, j'essaie de les croiser le moins possible.» Mais c'est difficile : le maire tient un camping situé pile en face de leur château… Olivier Roudier, qui vit à quelques kilomètres de Saint-Julien-de-la-Nef, fait peur, lui aussi. «J'habite dans le même village que lui, raconte Clara, 40 ans. Depuis des années, il nous menace, cherche à nous intimider, moi et mes enfants, parce qu'il sait que je ne partage pas ses idées. La situation a encore dégénéré depuis que j'héberge un jeune Soudanais.» Cet été, Clara explique qu'elle rentrait d'un concert, de nuit, avec une amie, lorsqu'Olivier Roudier, accompagné d'un autre homme, l'a agressée. Victime d'une «rafale de coups de poing sur la tête», elle a porté plainte. «J'ai peur, confesse Clara, et dans le village, je ne suis pas la seule.» Ce que confirme Geneviève Blanc, conseillère départementale (EE-LV) du Gard : «Ces gens sont dangereux, tant par leur discours que par leur comportement. Des voisins se taisent, par crainte de représailles. J'ai interpellé le préfet, j'attends des réponses.»
(…)
https://www.liberation.fr/les-idees/2018/01/29/ligue-du-midi-un-clan-met-l-occitanie-a-cran_1626004/
Vincent Lapierre, Némésis et la cour des miracles...!
https://www.facebook.com/reel/1645695676847129/
https://youtube.com/shorts/9hn3iTcou_Y?si=_0fGjXBeTZz4dV1h
PAS DE MORTS ...
DONC GARDÉS À VUE EXPRESS !
"Les trois jeunes gardois suspectés d'avoir un lien avec l'agression du Prolé d'Alès sont sortis de garde à vue ce mercredi 25 février annonce le procureur de la République d'Alès. Ils ont été interpellés hier, le mardi 24 février, à Montpellier, dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet pour "violence aggravée en réunion et avec préméditation".
Abdelkrim Grini indique toutefois qu'ils ont été remis en liberté "en attendant la poursuite des investigations". Ils sont également soupçonnés d'avoir un lien avec le Bloc montpelliérain, un groupuscule d'extrême droite en cours de dissolution."
https://www.francebleu.fr/occitanie/gard-30/ales/agression-au-prole-a-ales-les-trois-jeunes-arretes-a-montpellier-sont-remis-en-liberte-9599877
Sur le Face book de Fabien Roussel
Après la mort de Quentin Deranque, des jours sombres pour la
République Par Patrick Le Hyaric
"Bien sûr, les temps troublés nous obligent à refuser les simplismes, les postures, les outrances. Avec
lucidité et hauteur de vue, il s’agit d’affronter ensemble les complexités. De les défricher, de les
déplisser jusqu’au fond de leurs replis cachés. Cela exige de penser, de parler, de réfléchir ensemble
et de condamner sans ambiguïté toutes les violences, toutes les mises à mort et leurs responsables.
Il est temps de s’interroger. On peut se demander dans quelle mesure le moment ne porte pas la marque
brune de l’accélération d’une dangereuse culbute portée par de puissantes forces drapées des habits de la raison et de la bienséance.
Avant que ne s’élance à Lyon samedi dernier une manifestation en mémoire de Quentin Deranque,
rassemblant nationalistes, identitaires, racistes de toute sorte et néonazis, la tête de liste du parti les
Républicains à la mairie de Marseille revendiquait le slogan pétainiste « Travail, Famille, Patrie » en lieu
et place de la devise républicaine : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Quelques heures plus tard, la ministre de l’Agriculture la soutenait ouvertement à la radio.
Au dîner annuel du CRIF, le Premier ministre a annoncé qu’il proposerait de légiférer pour faire
confondre antisémitisme avec l’antisionisme incluant la contestation des actions criminelles du pouvoir
d’extrême droite israélien.
Depuis le perchoir, la présidente de l’Assemblée nationale a ouvert les vannes en demandant publiquement
la destitution d’un député, permettant plus tard à une ministre de traquer tout électeur de La France
Insoumise, puis à une autre de demander l’interdiction de ce parti, puis à d’autres de dresser un trait
d’égalité entre l’extrême droite et La France Insoumise après que le ministre de l’Intérieur eut demandé, en dehors de toute jurisprudence, de ranger ce mouvement à l’extrême gauche dans les classifications des listes aux élections municipales. Une autre ministre a pu proclamer que « La France insoumise, c’est l’anti-
France » comme jadis, du temps de Pétain, certains criaient « Communistes, pas français. » Injonction est
faite à toute force de gauche et écologiste de ne plus s’approcher de La France Insoumise.
Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères s’est permis, sur la base d’une déclaration
tronquée de demander la démission de la rapporteure de l’ONU chargée d’enquêter sur la nature des crimes
à Gaza. Le ministre de l’Enseignement supérieur demande aux préfets un contrôle sur la nature des
conférences organisées dans les universités.
Loin d’être un dérèglement de la pensée républicaine, cet ensemble de paroles et de décisions indique la
nature d’une nouvelle déviation politique sapant les fondements de notre République. Les forces
dominantes et les possédants ont eu si peur de la victoire du Nouveau Front populaire au début de l’été
2024, qu’ils cherchent tous les moyens d’empêcher son unité et sa progression. Dès lors, chaque événement
est exploité en ce sens.
Il convient de redire sans détour, avec fermeté et clarté qu’aucune violence physique, aucun meurtre
n’est tolérable, acceptable, banalisable dans une démocratie républicaine. Il ne peut y avoir d’exception.
L’antifascisme est une attitude, un mouvement large des démocrates et des républicains qui refuse la prise
de pouvoir de partis ou de groupuscules autoritaires et fascisants menaçant la République. C’est un
mouvement de défense et de protection. Ce n’est ni une milice, ni un groupuscule. Il n’emploie pas les
méthodes de ceux qu’il doit combattre. Mais on ne peut prétendre vouloir panthéoniser Marc Bloch et
stigmatiser au plus haut niveau de l’état l’antifascisme !
Le contexte oblige à refuser toute excuse, toute complaisance au meurtre de Quentin Deranque, militant
nationaliste d’extrême droite. L’enquête et la justice doivent établir les faits et les responsabilités et prendre
en conséquence les décisions conformes au droit.
La force de la politique sera toujours supérieure à la politique de la force, des coups-de-poing et de
pieds.
Faire reculer la force renforce la vitalité démocratique. Il n’y a jamais de circonstances atténuantes au crime.
Il convient donc d’être clair, ferme et de se détacher de certaines organisations et de leurs méthodes
violentes qui poussent à la mort d’un jeune quelles que soient ses opinions aussi radicalement opposées aux
nôtres.
Ne pas le faire revient, qu’on le veuille ou non, à délégitimer l’antifascisme.
C’est ce mouvement de renverse qui est en train de se produire à la faveur de l’option politique qu’a choisie
La France Insoumise. Ce mouvement n’a évidemment rien à voir avec ce meurtre, mais sa mécanique de
défense face au rouleau compresseur de la réaction et de quelques autres cercles ouvre la voie à des
vacillements, au poison de suspicions infondés, à de redoutables défiances portant au bout du compte les
germes d’une dislocation de la gauche, et de la destruction du bouclier protecteur des classes populaires et
de la jeunesse.
On ne peut plus aborder le débat politique de la même manière qu’il y une dizaine d’années.
L’internationale réactionnaire est active. Elle est à la tête de grands États, dont les États-Unis. Elle tisse sa
toile aux quatre coins de la planète, particulièrement en France. Des forces importantes des droites
républicaines mutent pour mieux défendre, par tous les moyens – non pas les principes républicains – mais
le capitalisme miné par ses contradictions. Pour cela, il leur faut absolument, non pas seulement diviser la
gauche, mais la détruire.
Dès lors que le rideau de fumée macroniste et sa fumeuse thèse du « ni gauche, ni droite », commune
d’ailleurs avec celle du parti lepéniste, se sont évanouis dans le service zélé aux puissances d’argent et
qu’en même temps la droite recomposée après la Seconde Guerre mondiale dérive au fil des eaux brunes
de l’extrême droite, le moment est complètement nouveau et ouvre les voies du pouvoir à cette dernière.
Il convient de mesurer la puissance de la machine à laver mise au service de la blanchisserie du RN/FN.
Quand les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat appellent à une manifestation contre
l’antisémitisme en permettant au parti le plus antisémite de défiler à leurs côtés, ils offrent aux héritiers du
fascisme, du nazisme et de la collaboration, un blanchiment historique.
Quand ces mêmes présidents font se lever députés et sénateurs aux côtés de l’extrême droite pour une
minute de silence en hommage à Quentin Deranque, alors qu’ils ne l’ont pas fait en hommage, par exemple,
au rugbyman Frederico Martin Aramburu criblé de balles le 19 mars 2022 par deux nervis fascistes connus
des services de police, on mesure la digue qu’ils sont en train de détruire.
Les stratégies de confusionnisme, les opérations d’obscurcissement sont orchestrées sur une musique de
fond laissant croire que la vie démocratique serait dans son état normal.
Comment la vie politique peut-elle être « normale » quand les forces d’extrême droite devancent toutes les
autres aux élections européennes avec le tiers des suffrages, que son groupe est numériquement le plus
important à l’Assemblée nationale et qu’elles frôlent les 40 % des suffrages dans certaines enquêtes
d’opinion ?
Quand tout se bouscule ainsi, sous les apparences de la normalité, la situation est dangereuse. La vaste
tentative en cours de prise de pouvoir sur les esprits peut accélérer un mouvement de bascule que nos
concitoyens regretteraient rapidement et amèrement.
Ce qui se passe aux États-Unis doit faire réfléchir : une coalition de réactionnaires, d’identitaires, de
nationalistes et de libertariens, alliés au grand capital du numérique, du militaire, de l’immobilier, de la
pharmacie et de l’extractivisme capitaliste théorise la fin du droit, la fin de la démocratie et le recours à la
violence. Au pouvoir, ils aggravent les souffrances sociales des travailleuses et des travailleurs, tout en
délégitimant la science et rêvant de mettre la culture au pas. Nous entrons en France aussi dans ce
mouvement d’une terrible inversion des responsabilités et des valeurs.
Ici, il ne s’agit plus de condamner la violence en politique, mais de l’instrumentaliser, de l’utiliser comme
prétexte à l’intimidation médiatique et institutionnelle, à faire taire les contestations sur une multitude
d’enjeux sociaux, démocratiques, environnementaux, antiracistes, féministes.
Ne mésestimons pas la portée du combat en cours. Lorsqu’une partie de la droite s’empare de l’abominable
crime de Lyon pour réclamer la censure de Rima Hassan, elle s’attaque, au fond, à la cause palestinienne et
au droit international.
Ce même pouvoir qui hier interdisait des manifestations syndicales de défense du Code du travail ou pour
l’application du droit international en Palestine, a poussé encore plus l’aiguille du cadran de la bascule
idéologique en autorisant, ce samedi au cœur de Lyon, le défilé de groupuscules d’extrême droite avec ses saluts Nazis, ses propos homophobes, masculinistes, racistes et anticommunistes.
Dans plusieurs villes, les manifestations des extrêmes droites laissent derrière elles des murs maculés de croix gammées. Des permanences de partis de gauche, notamment celles de La France Insoumise et du Parti
communiste, ont été souillées ou vandalisées.
On aurait grand tort de ne voir que les apparences de la peinture fraîche sur les masques des extrêmes
droites.
Nous en sommes, pourtant, au point où dans une unité de vues, des cercles gouvernementaux, des forces
de droite et de l’extrême droite se permettent d’appeler à une alliance d’un nouveau type contre La France
Insoumise. Le leader du RN/FN a pu, sur cette base – soutenue en toute tranquillité par des ministres et
des responsables de droite – appeler à un front commun contre La France Insoumise. Ne nous trompons
pas ! De cliquet en cliquet, c’est toute la gauche et l’écologie politique, des syndicats, des associations, des
personnalités progressistes qui sont visés dans un engrenage qui vise la destruction des droits humains et
sociaux, le pluralisme de la presse, la mise au pas de la justice, la répression des mouvements écologistes.
Que nos amis socialistes ne s’y trompent pas. Eux aussi seront dans le collimateur comme le sont les
responsables démocrates aux États-Unis. Que certains d’entre eux y réfléchissent et ne hurlent pas avec les
loups aux crocs acérés.
En 1933, aussi, le parti national-socialiste allemand prenait prétexte de l’incendie du Reichstag pour
interdire le Parti communiste et de multiples organisations de gauche pour, au bout du compte, mettre au
pas le peuple Allemand et déployer sa stratégie nazie. Les forces qui, aujourd’hui concentrent leurs coups
sur La France Insoumise ouvrent, à coups de bulldozer, un boueux boulevard où paraderait un RN/FN avec un visage de la respectabilité et l’apparence – seulement – d’une force capable d’apporter des réponses à la mal-vie, aux crises et aux désordres.
Or, ce parti d’extrême droite reste antirépublicain et constitue la dernière béquille du grand capital
mondialisé. Il est utile de lire les propositions de loi que le RN/FN a déposées sur le bureau de l’Assemblée nationale, dans lesquelles surgit, entre les lignes, son projet de coup d’État constitutionnel pour imposer la « préférence nationale ».
Dans un contexte si inflammable, si désordonné, nos amis de La France insoumise ont la responsabilité de
ne pas surenchérir en permanence, de sortir d’une posture vécue comme trop agressive par une partie
conséquente de l’électorat de gauche et au-delà par de larges fractions de celles et de ceux qui ont intérêt
au changement progressiste et cherchent une issue à leurs souffrances sociales.
Il n’y a ici aucun propos belliqueux, mais une volonté de construire un large front commun aux progressistes et démocrates pour empêcher le pire d’advenir et pour ouvrir, dans le dialogue, dans le débat avec toutes les forces progressistes, bien au-delà des partis les voies d’un rassemblement majoritaire pour un processus d’émancipation.
On ne peut laisser plus longtemps délégitimer les belles et fortes valeurs de la gauche : l’humanisme, le souci de l’autre, l’altérité, la sororité, l’antiracisme, le processus démocratique comme but et moyen à la disposition des citoyens et des salariés pour conquérir des pouvoirs nouveaux dans la cité et sur le travail et la production.
Combattons cette musique qui tend à faire passer les valeurs émancipatrices et inclusives pour des projets dangereux, quand la droite extrémisée promeut l’ordre et le compromis contre le travail et la création pour
sauver un capitalisme qui a encore plus besoin de les exploiter.
Le moment est exigeant pour tout républicain, tout démocrate : ne céder ni à la violence, ni au piège des
parallèles tracées entre l’extrême droite et les forces de gauche réunies au sein du nouveau Front populaire.
Le moment est exigeant pour toutes les forces de gauche, écologistes et progressistes : ouvrir les mains et
les cœurs pour apaiser les débats en les rendant constructifs ; éclairer sur la douloureuse expérience en cours
avec le trumpisme ; ne rien faire à l’occasion des élections municipales qui fasse perdre des gestions de
villes par les forces de gauche qui, depuis 1977, agissent ensemble pour le bien des populations ; ne pas se
contenter des débats électoralistes – avec en arrière-pensée l’élection présidentielle – mais se porter au
service des combats des travailleurs, si maltraités par l’impérieuse loi de l’argent et ses violences sociales
dont on parle si peu ; protéger les plus démunis, celles et ceux que l’on nomme les minorités ; bâtir des
initiatives unitaires au service de l’émancipation ; faire prévaloir en toute chose le respect des uns et des
autres, le dialogue cordial et fraternel sans gommer les différences et les désaccords.
Au contraire, nous devrions nous attacher à les mettre en débat parmi les citoyens et les travailleurs et à
entendre leurs aspirations unitaires. Tout doit être mis entre les mains des citoyennes et des citoyens, du
monde du travail et de la création qui doivent se mêler des débats pour pouvoir devenir actrices et acteurs
d’un nouveau projet d’à-venir.
L’heure est à ne pas laisser vaciller la République.
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