Hadrien Mathoux : « Alsace : quand Gabriel Attal et le RN jouent aux apprentis sorciers avec la République »
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Hadrien Mathoux
Directeur adjoint de la rédaction
Alsace : quand Gabriel Attal et le RN jouent aux apprentis sorciers avec la République
En voulant réparer une erreur, on peut commettre une faute plus grave encore. C'est le sentiment qu'inspire le texte voté par l'Assemblée nationale ce mercredi 8 avril. La proposition de loi examinée à l'initiative de Gabriel Attal visait à revenir sur une réforme funeste, celle qui a instauré en 2015 les « grandes régions » : des machins technocratiques coûteux, à l'utilité peu évidente et parfois dépourvus de toute identité propre, à l'instar du mal-aimé Grand Est, qui regroupe les anciennes régions Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace. D'où le vote de cette « PPL » visant à rétablir l'Alsace, en la détachant du Grand Est… mais pas seulement.
C'est bien là tout le problème : se faisant l'écho de revendications séparatistes portées de longue date par les mouvements régionalistes alsaciens, les députés ont décidé d'accorder un « statut particulier » à la Collectivité européenne d'Alsace, elle-même une création récente puisqu'elle résulte de la fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en 2021 (vous suivez ?). Mesurons l'ironie : derrière la volonté affichée de « simplifier le millefeuille territorial » se profile le découpage de la France en une ribambelle de collectivités sui generis, bénéficiant de compétences et de pouvoirs adaptés à leurs « spécificités ».
Outre le cas des territoires ultramarins, Paris, Lyon et la Corse bénéficient déjà de statuts sur mesure. Le processus pourrait aller plus loin pour l'île de Beauté, où les nationalistes souhaitent obtenir une autonomie complète. Inspirés par l'exemple alsacien, les régionalistes bretons, basques et même savoyards se tiennent déjà prêts à réclamer des avancées similaires.
Ne nous y trompons pas : profondément remanié, adopté sans la moindre étude d'impact, ce texte n'a pas pour objet l'intérêt national, ni celui des habitants du Grand Est. Il s'agit de répondre à des revendications ethno-identitaires dans un but électoraliste. En témoigne l'attitude des députés du Rassemblement national, qui ont rangé leur centralisme traditionnel au placard pour l'occasion, et dont l'élu du Bas-Rhin s'est même exprimé en alsacien à la tribune de l'Assemblée.
Si chacun peut constater l'extraordinaire diversité et la richesse des cultures régionales françaises, la République s'est construite sur des principes fondateurs : l'indivisibilité est une condition de l'unité nationale, et la loi s'applique uniformément sur l'ensemble du territoire français, sous peine de rupture de l'égalité. Instiller le poison de la différenciation, c'est ouvrir la boîte de Pandore de revendications identitaires qui ne cesseront jamais. Quiconque s'intéresse de près aux mouvements régionalistes comprendra que l'éclatement de la nation française est l'horizon ultime de leur combat politique. À terme, se profilerait un retour aux provinces d'Ancien Régime, au règne de grands féodaux jaloux de leurs privilèges, face à un État rendu impuissant par l'empilement confus des compétences et la possibilité pour les collectivités de déroger à la loi. En jouant aux apprentis sorciers avec les principes républicains les plus élémentaires, les députés menacent, à terme, l'unité de la nation.Twitter @hadrienmathoux
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À l’Assemblée, l’opposition au coup de Renaissance sur le 1er mai s’est faite en chantant
RépondreSupprimerLeHuffPost
https://youtu.be/OeJHq8FpI5A?si=kqunYTOEYFz7N-0m
« Allons enfants de la patrie », le jour de toutes les stratégies est arrivé. Ce vendredi 10 avril, l’hémicycle de l’Assemblée nationale s’est transformé en salle de spectacle. À l’origine de l’embrasement des échanges : l’examen de la proposition de loi pour faciliter le travail le 1er mai, jour de la défense des droits des travailleurs jusqu’ici historiquement férié et chômé.
Le texte était soutenu à l’Assemblée par la droite et les groupes du « bloc central » (macronistes, Horizons et MoDem). Mais il a suscité l’ire des bancs de gauche, prêts à tout pour empêcher son examen, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.
https://www.ouest-france.fr/politique/la-france-insoumise/cinq-deputes-et-maires-noirs-de-lfi-portent-plainte-apres-un-courrier-et-des-tags-racistes-e0d44b42-34bd-11f1-aa8d-862764c4f0ec
RépondreSupprimerQuand le Bourbon des Deux-Siciles vous file déjà le bourdon...!
RépondreSupprimerBARDELLA, LA PRINCESSE, LE PEN ET LES MILLIARDAIRES : L’ALLIANCE POUR 2027
BLAST, Le souffle de l'info
https://youtu.be/s8AoEMHV3JQ?si=sewycdu9zRqq_WXI
Ce mercredi 8 avril au soir, le magazine Paris Match dévoile une série de photos exclusives, confirmant la relation entre Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, déjà ébruitée en janvier 2026.
Alors évidemment que ces photos du patron du RN et d’une princesse ultra médiatique présentées comme volées ne le sont pas, et bien sûr que cela s’inscrit dans une communication politico-médiatique savamment orchestrée.
L’article est d’une complaisance exceptionnelle, et dresse un portrait idyllique des deux protagonistes et de leur relation, nous faisant complètement oublier qu’il s’agit là du président d’un parti d’extrême droite.
Mais au-delà de cette mise en scène, cette une inédite de Paris Match pose des questions beaucoup plus sérieuses. Que raconte-t-elle du rapprochement de son principal actionnaire, Bernard Arnault, avec l’extrême droite ? Comment de grands patrons sont-ils en train de mettre leurs outils au service de l’extrême droite pour qu’elle puisse triompher en 2027 ? Qu’est-ce que cela dit de la stratégie économique du Rassemblement national ? Réponse à toutes ces questions dans cette nouvelle émission pour Blast.
Journaliste : Salomé Saqué
Montage : Sandra Perrin
Son : Baptiste Veilhan, Théo Duchesne
Graphisme : Morgane Sabouret, Margaux Simon
Production : Hicham Tragha
Directeur du développement des collaborations extérieures : Mathias Enthoven
Co-directrice de la rédaction : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert
Signes de fatigue
RépondreSupprimer"Si les Hongrois sont très sceptiques sur le soutien à Kiev, ils ne croient tout de même pas que l’Ukraine représente une menace sérieuse pour leur pays, comme l’a laissé entendre pendant toute la campagne la machine de propagande du pouvoir. Par ailleurs, ils n’aiment pas la Russie, comme devrait le savoir un homme politique qui a commencé sa propre carrière en appelant au départ des chars soviétiques de Hongrie, en 1989.
Montrant de nombreux signes de fatigue face à un adversaire bien plus jeune et plus dynamique, M. Orban a fini par inquiéter une population qui ne veut surtout pas sortir de l’Union européenne, quand bien même elle peut se laisser séduire par les messages visant à rejeter sur Bruxelles tous les maux de la Hongrie. On saura dimanche si l’ingérence assumée du président américain, Donald Trump, qui est allé jusqu’à dépêcher son vice-président, J. D. Vance, pour participer à un meeting de campagne, le 7 avril, a pu contrebalancer cette tendance.
Dans l’histoire européenne, les Hongrois comptent certes parmi les peuples convaincus d’une destinée particulière et qui aiment se faire entendre. Ce n’est pas un hasard si la grande vague d’extrême droite qui a prospéré en Europe et au-delà depuis la crise des migrants de 2015 est née dans ce pays taraudé par l’angoisse de sa disparition. Mais la Hongrie est aussi l’héritière d’une autre tradition, celle de « la baraque la plus gaie du camp socialiste », qui fit des Magyars les pionniers de la chute du communisme, en 1989.
Dimanche, les Hongrois devront ainsi trancher entre ces deux histoires, entre la Russie et l’Europe, entre le repli identitaire et la confiance dans l’avenir, entre l’amertume et l’espoir. A l’heure où la démocratie est attaquée durement, jusqu’aux Etats-Unis, ils devraient être fiers que les regards soient braqués à nouveau sur Budapest pour tirer les leçons d’un scrutin dont l’enjeu dépasse la Hongrie."
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/10/viktor-orban-menace-par-l-usure-du-pouvoir_6678896_3232.html
Travail le 1er-Mai : le coup de force des macronistes à l’Assemblée...
RépondreSupprimerhttps://www.facebook.com/reel/1672881757491283/
L'internationale populiste au chevet de Viktor Orban...!
RépondreSupprimerAngle mort
"Autre manifestation d’ingérence, celle de Washington. Dans la soirée de vendredi Donald Trump s’est engagé à aider l’économie hongroise si son allié, gagnait les élections législatives dimanche. Encore plus flagrant, car physique cette fois, le déplacement en fanfare du vice-président des États-Unis J.D. Vance pour soutenir officiellement Viktor Orbán.
Une initiative qui a surtout consisté à taper sur Bruxelles et à accuser l’UE d’interférer dans le processus électoral hongrois. Ce qui, sans le moindre hasard, épouse le narratif europhobe déployé sur place par le Premier ministre sortant. « Il faut un sacré culot pour dénoncer des ingérences, en étant soi-même en campagne pour la réélection d’un dirigeant d’une puissance étrangère, à 8 000 kilomètres de son pays. L’internationale populiste est manifestement prête à toutes les manœuvres grossières pour garder le pouvoir », a réagi sur X l’eurodéputé Renew Fabienne Keller. À noter que le récit d’une UE qui voudrait contraindre le peuple hongrois à voter conformément aux intérêts de Bruxelles, et que reprend le RN, est aussi poussé par Moscou.
Cet angle mort dans la vidéo publiée par Fabrice Leggeri, qui réussit l’exploit de disserter sur les ingérences en Hongrie sans mentionner la Russie ni les États-Unis, met en lumière le double standard du RN en la matière, et sa propension à relativiser les activités menées par la Russie à l’encontre de plusieurs pays de l’UE. D’autant que sa prise de parole vise à dénoncer le système bâti, justement, pour lutter contre les tentatives d’ingérences numériques. Une diversion en bonne et due forme qui vise un double objectif : relativiser le potentiel échec électoral de l’allié hongrois et occulter les enjeux géopolitiques impliquant la Russie sur place. Rien, en tout cas, qui soit de nature à fâcher Vladimir Poutine."
https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/avant-l-election-en-hongrie-l-operation-diversion-du-rn-sur-le-risque-d-ingerence_262477.html
https://www.leparisien.fr/international/moi-aussi-jai-vote-pour-lui-en-hongrie-le-systeme-orban-au-bord-de-la-rupture-11-04-2026-MEFIP7DUPZHELPKPGLHOTKOU3Q.php
RépondreSupprimerPrisca Thévenot, chahuteuse en chef...
RépondreSupprimerUne Macroniste, quoi !🫢😆🤣
https://youtube.com/shorts/2hz_EJD64Yk?is=exrrcIjzlKmdZyMt